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Etudes, analyses, statistiques et avis d'experts internationaux sur les marchés de l'environnement
et des technologies vertes, ou "greentech"

mardi 13 mai 2008

Nike, IBM, Canon et Unilever en tête de la lutte contre le réchauffement climatique

Nike est le groupe le plus actif contre le réchauffement climatique, selon l’organisation américaine Climate Counts. Le spécialiste des vêtements et articles de sport établit chaque année son empreinte carbone et a diminué ses émissions de gaz à effet de serre. Avec une note de 82 sur 100, il succède à Canon à la tête du palmarès (en anglais).
Google est le groupe qui a le plus progressé en un an avec un gain de 38 points. Il se classe au premier rang du secteur internet/logiciels avec un score de 55 points.

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Ce deuxième tableau de bord publié par Climate Counts marque une nette amélioration globale : la note moyenne des 60 groupes classés atteint 39, contre 30 l’année dernière. 84% des entreprises ont fait des efforts pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre et informer le public de leurs actions.

Plusieurs grands noms de l’industrie font partie de la catégorie des groupes les plus en pointe : IBM (avec une note de 77), Unilever (75), Canon (74), General Electric (71), Toshiba (70), Procter (69), Danone (64)…

Mais il reste bien des efforts à accomplir. Une dizaine d’entreprises sont considérées comme « bloquées » et affichent de piètres performances : Apple (11 sur 100), eBay (5), Burger King (0)…

Sur les neuf secteurs répertoriés, le plus avancé dans la lutte contre le réchauffement climatique est celui des produits de grande consommation avec une note moyenne de 55 (+ 13,6% en un an) et trois entreprises bien classées (Procter, Kimberly-Clark et L’Oréal). A l'opposé, la restauration rapide fait figure de lanterne rouge avec une note moyenne de 11,5. Seul Starbucks tire son épingle du jeu (49).

Ce tableau de bord annuel vise à inciter les industriels à agir en faveur de l'environnement et les consommateurs à privilégier les marques les plus vertueuses dans leurs achats. 22 critères sont passés au crible dans quatre grands domaines : empreinte carbone réalisée par les entreprises, efforts pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, soutien à la réglementation contre le changement climatique, qualité et transparence de l’information diffusée au public. L’organisation à but non lucratif Climate Counts a été fondée par le groupe Stonyfield Farm.

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lundi 12 mai 2008

Aux USA, le recyclage vaut de l'or

Les Américains recyclent de plus en plus : la majorité du papier, de l'aluminium ou de l'acier américain proviennent de recyclage, devenu rentable. Seul point noir : l'invasion des bouteilles en plastique, très peu recyclées.
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L'industrie du recyclage pèse désormais 236 milliards de dollars (chiffre de 2007), soit 2% du PIB américain, et emploie 1,1 million de personnes. Les Etats-Unis comptent 56.000 sites de recyclage publics et privés.
L’industrie américaine du recyclage génère deux fois plus de chiffre d'affaires que les 100 milliards de dollars de l'industrie des déchets, selon la Fédération professionnelle américaine de la gestion des déchets(National Solid Wastes Management Association) même si beaucoup plus de déchets sont jetés que recyclés. Pourquoi ? Parce que les matériaux recyclés génèrent une valeur économique, et pas les déchets.
Au rythme actuel du tarissement des ressources, le monde ne peut déjà plus satisfaire la demande actuelle de papier et d'acier avec des matériaux vierges. Le recyclage est devenu une nécessité absolue pour la croissance industrielle. Nous ne pourrions plus imprimer un journal, construire une voiture ni emballer un produit dans un carton sans matériaux recyclés. D'autant que le cuivre et le zinc risquent d'être complètement épuisés dans quelques décennies.

Outre la réduction des déchets et protection des forêts et des habitats face à l'exploitation minière ou la déforestation, le recyclage permet de fabriquer avec moins d'énergie, donc de réduire les émissions de gaz à effet de serre.

Aux Etats-Unis, au début des années 90, des associations ont essayé de pousser les municipalités à recycler, mais en vain : jeter des déchets en décharge ne coûtait que 79 dollars la tonne, alors que collecter des matériaux pour le recyclage coûtait 400 à 1.000 dollars la tonne, et les vendre ne rapportait que 15 à 60 dollars la tonne.

Mais depuis le milieu des années 90, l'industrie s'est développée car le prix des matériaux recyclés a augmenté. Aujourd’hui, avec la hausse du coût des matières premières et de la demande, l'industrie du recyclage est non seulement économiquement viable mais rentable, grâce à des technologies améliorées. Aux Etats-Unis, des taxes rendent les décharges coûteuses et les décharges sauvages ont fermé.

Tous les produits sont maintenant recyclés : le papier, les métaux, les pièces détachées auto, les tapis et l’électronique. Les pontons des ports, par exemple, sont faits entièrement en matériaux recyclés.

Actuellement, le taux de recyclage des produits fabriqués aux Etats-Unis est de 30,6%, ce qui économise 256 milliards de barils de pétrole -- comme si 22 millions de voitures étaient retirées de la circulation.

Les professionnels du recyclage se répartissent entre les re-fabricants (qui fabriquent à partir de matériaux recyclé), qui représentent 75% des recettes du secteur avec un chiffre d’affaires de 180 milliards (usines d’acier, de plastiques, de verre, fonderies d’aciers, fabricants de produits en caoutchouc...), les vendeurs de papiers recyclés et les processeurs de métaux (41 milliards soit18% du secteur), les entreprises qui remettent à neuf des pneus, réassemblent des ordinateurs ou revendent des pièces détachées automobiles (6 milliards, soit 6% du secteur) et l'industrie de la collecte qui ne représente que 1% du chiffre d’affaires, soit 2 milliards par an.

Les matériaux recyclables qui ont le plus de valeur à la tonne sont les métaux non-ferreux et les plastiques, ceux qui ont les moins de valeur sont le verre et les déchets des jardins. Le fer, l’acier, le papier et les pneus sont les produits qui sont le plus recyclés.

Fer et acier : 56% de l’acier américain vient du recyclage

L’acier est le produit le plus recyclé avec un taux de 75,7% aux Etats Unis en 2005 (Steel Recycling Institute).
Déjà 56% de l’acier américain provient du recyclage, contre 38% en 1992, et il peut être recyclé à l’infini. Le fabriquer à partir du recyclage coûte 74% d'énergie en moins qu’à partir de matières premières vierges.

Les producteurs sont répartis en une myriade de 1.200 mini-fonderies, dont le plus grand détient moins de 15% du marché, mais la tendance actuelle est à la consolidation.

Le prix des déchets de fer explose depuis 5 ans, passant de 100 dollars la tonne en 2001 à plus de 250 dollars la tonne en 2008.

Les produits de grande consommation les plus recyclés sont les voitures : 100% de l’acier utilisé dans les voitures est maintenant recyclé.

Les Etats-Unis recyclent actuellement 76 millions de tonnes d’acier et de fer par an, générant 62 milliards de chiffre d’affaires, ce qui économise assez d’énergie pour alimenter 18 millions de logements. Récupérer une tonne d'acier économise 1,13 tonne d’acier, 0,6 tonne de charbon et 0,05 tonne de calcaire, selon l’American Iron & Steel Institute. Selon l’Institut, cette industrie réduit de 45% les émissions de gaz à effet de serre par tonne d’acier livré.

Métaux non-ferreux : 52% des canettes recyclées
Le recyclage des métaux non-ferreux (notamment aluminium, cuivre, zinc, plomb, nickel, titane, cobalt, chrome et métaux précieux comme l’or et l’argent) rapporte environ 28 milliards de dollars de chiffre d’affaires. 60% de la production américaine vient du recyclage.

L’aluminium est le plus précieux des métaux recyclés et finance le coût du recyclage d’autres métaux ayant moins de valeur. Utiliser de l’aluminium recyclé économise 96% de l’énergie nécessaire à fabriquer à partir de minerai de bauxite. L’aluminium est une source majeur de PFC, des gaz à effet de serre des milliers de fois plus nuisibles que le gaz carbonique selon l’EPA (Environmental Protection Agency, l’agence américaine de l’environnement).

L’industrie de l’aluminium recycle environ 52% des 51 millions de cannettes produites chaque année et 90% de ces cannettes recyclées sont utilisées dans l’automobile (Aluminum Association). Depuis 1888, environ 75% de l’aluminium produit est toujours utilisé, selon le producteur américain Alcoa. La demande insatiable de la Chine et la tendance à l’utilisation de l’aluminium pour faire des voitures plus légères augmentent encore le marché. Fabriquer de l'aluminium recyclé coûte 96% d’énergie en moins.

Papier et carton

Avec environ 50,5 milliards de ventes annuelles, le recyclage du papier et du carton est le deuxième secteur aux Etats-Unis. Environ 37% des matières utilisées pour fabriquer du papier sont des matériaux recyclés. Fabriquer à partir de recyclé coûte 36% d’énergie en moins et beaucoup moins de produits chimiques que la fabrication première. 51% de la production américaine de papier vient du recyclage.

Plastiques

C’est le 2ème secteur du recyclage avec environ 28 milliards de chiffre d’affaires. Mais malgré la demande des recycleurs, seuls 20% des plastiques sont recyclés, en baisse par rapport aux 40% de 1994. Et pourtant fabriquer du plastique recyclé nécessite 80% d’énergie en moins qu’à partir de produits pétroliers.
La cause : l’énorme augmentation des eaux en bouteilles plastiques, qui sont rarement recyclées car elles sont souvent consommées hors domicile. Et rares sont les poubelles dédiées.

L’impact sur l’environnement est considérable : il faut 1,5 milliard de barils de pétrole pour satisfaire la demande d’eau minérale [Earth Policy Institute]. Le nombre de bouteilles en plastiques a triplé depuis 19976 et atteint presque 200 bouteilles par personne et par an, selon le Container Recycling Institute.

Electronique

La prolifération de gadgets électroniques à courte vie comme les téléphones portables ou les baladeurs ont fait de l’électronique le secteur du recyclage en plus forte croissance. Sans oublier les quelque 100 millions de télévisions qui seront obsolètes quand les chaînes de télévisions américaines passeront au tout-numérique en février 2009.

Pourtant, 70% des métaux lourds et 40% du plomb dans les décharges américaines proviennent de produits électroniques jetés selon l’EPA et 80% des déchets électroniques sont envoyés en Afrique ou en Asie, où les produits sont jetés après que les métaux ont été récupérés.
Le prix croissant des métaux et la pression des gouvernements et des ONG devraient doper le secteur.
L’UE a voté deux lois clés sur la diminution des substances dangereuses et les déchets électroniques, cette dernière étant appliquée depuis juin 2006 et obligeant à un certain pourcentage de matériaux recyclables dans les produits électroniques.

Aux Etats-Unis, 35 Etats ont interdit de jeter des produits électroniques dans les décharges. Le pays compte plusieurs grosses sociétés de recyclage et 400 petites qui génèrent 700 millions de dollars de ventes et traitent environ 750.000 tonnes de produits électroniques, selon l'International Association of Electronics Recyclers (IAER) et récupèrent 450.000 tonnes, soit un taux de 60%.
L’IAER prévoit un doublement du traitement, à 1,5 million de tonnes par an en 2010.

(Waste Management, première entreprise de gestion des déchets aux Etats-Unis, a annoncé qu’il allait doubler son activité de recyclage d’ici 2020, passant de 8 millions de tonnes par an actuellement à 20 millions de tonnes).

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dimanche 11 mai 2008

Avis d’expert : il faut une taxe-carbone !

Taxer les combustibles fossiles en fonction de leurs émissions de CO2 ? Ce serait un aiguillon pour les chercheurs et pour les consommateurs, plaide Jean-Charles Hourcade,
directeur du Centre international de recherche sur l’environnement et le développement (Cired), directeur de recherche au CNRS et directeur
d’études à l’EHESS.
Alors que le projet de loi « Grenelle de l’environnement » prévoit la mise à l’étude
d’une « contribution climat-énergie » intégralement compensée, il défend cette "idée d'avenir".

Elle aurait, selon lui, deux grands avantages :
- Inciter les industriels à développer la recherche sur des techniques peu carbonées, dont la diffusion permettrait d’en faire baisser peu à peu le coût.
- Pousser les citoyens dans leurs choix futurs en termes de logement (prise en compte de l’isolation…), d’équipements et de modes de transports.
Pour Jean-Charles Hourcade, la taxe-carbone doit se faire à pression fiscale constante. Sa mise en œuvre va de pair avec une baisse des cotisations sociales.

Elle permettrait aussi d’élargir l’assiette des prélèvements en touchant des revenus non salariaux (rentes immobilières…). Les fonds ainsi collectés bénéficieraient à la recherche mais aussi à notre système de protection sociale.

Mais la taxe-carbone peut avoir des effets pervers. Elle pèserait sur la compétitivité de certaines industries - en l'absence de contraintes identiques dans tous les pays - et sur le pouvoir d’achat des bas revenus. Jean-Charles Hourcade propose des solutions pour éviter ces impacts négatifs :
- Mettre en place des abattements à la base pour les industries très exposées à la contrainte carbone et ne bénéficiant pas suffisamment de la baisse des cotisations sociales ou renforcer l’expérience européenne de marchés de permis négociables.
- Instaurer des mesures spécifiques pour les ménages à bas revenus : crédits d’impôt permettant d’exonérer les besoins de base (ex : 4500 kilomètres de déplacement automobile par an), aides financières et techniques à l’efficacité énergétique des bâtiments.

Créer une taxe-carbone à l’heure de la flambée du prix du pétrole ne sera pas facile. Jean-Charles Hourcade propose d’instaurer une taxe faible destinée à croître à chaque baisse du prix de baril d’or noir, celui-ci connaissant des fluctuations constantes si l’on observe son évolution sur les 50 dernières années.

Le modèle suisse peut aussi servir d’exemple : le pays lie la taxe-carbone au respect d’une trajectoire de baisse de ses émissions de CO2 correspondant aux engagements pris dans le cadre du protocole de Kyoto. Résultat : pas de taxe si les objectifs sont respectés, une taxe renforcée dans le cas contraire.

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mercredi 7 mai 2008

Le Royaume-Uni croit au potentiel des piles à combustible

Réduire de 26% ses émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2020 par rapport à 1990. C’est l’objectif ambitieux que s’est fixé le Royaume-Uni. Pour y parvenir, il mise notamment sur le développement de la filière hydrogène et sur les piles à combustible, selon un rapport réalisé par le service Science et Technologie de l’ambassade de France à Londres.


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Les piles à combustible permettent d’obtenir de l’électricité et de la chaleur à partir d’hydrogène ou de combustibles riches en cet élément. Elles offrent un double avantage : des rendements de conversion élevés et une absence d’émissions de CO2.
Le marché mondial reste aujourd’hui très marginal : 12 000 unités vendues en 2007, soit malgré tout une hausse de 75% en un an. Mais compte-tenu des verrous technologiques existants, les experts estiment qu’il faudra attendre 2020 pour un déploiement massif.
Une centaine d’entreprises britanniques sont impliquées dans le domaine des piles à combustible. Avec des compétences importantes dans les secteurs des matériaux ou encore de l’intégration des systèmes. Plus de 50% de leur production est exportée. Une vingtaine travaillent depuis plus de quinze ans dans le domaine et certaines sont en pointe au niveau mondial : Johnson Matthey Fuel Cells dans les matériaux et les catalyseurs ou Rolls-Royce dans les piles à oxyde solide. La grande majorité de ces entreprises sont des petites sociétés développant des produits innovants.
Pour conduire cette technologie à maturité, la recherche joue un rôle primordial. 35 groupes travaillent sur des thèmes relatifs à ce domaine, dont beaucoup bénéficient de financements publics, britannique et européen. La recherche est surtout axée sur les technologies à membrane échangeuse de protons (PEMFC) et à oxyde solide (SOFC).
Parmi les programmes de recherche les plus importants, le « FuelCells consortium », dirigé par le département Energy Future Lab de l’Imperial College London avec des partenaires industriels comme Rolls-Royce, travaille sur l’augmentation de la durabilité des piles à combustible, l’amélioration de leurs performances et la baisse des coûts de production. Ses recherches pourraient déboucher sur des applications industrielles à court terme. Mais il faudra encore des solutions technologiques pour une diffusion à grande échelle.

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mardi 6 mai 2008

Avis d'expert : piéger le carbone, les pour et les contre

site norvégien de stockage de CO2
Tant les experts que les défenseurs de l'environemment sont divisés sur l'intérêt de piéger le dioxyde de carbone (C02).

D'un côté, des organisations comme le WWF et de nombreux gouvernements militent pour que les industries utilisent cette technique de stockage souterrain des émissions, mais Greenpeace et 112 organisations environnementales de 21 pays viennent de partir en guerre contre ces projets dans un document de 44 pages titré "Faux espoir" (en anglais).
"Capturer le carbone est une tricherie. C'est le rêve des industriels du charbon" selon Emily Rochon, spécialiste du climat chez Greenpeace International et auteur du rapport, pour qui cette technique risque seulement de maintenir les centrales au charbon en activité.

D'autres y voient une technique d'urgence utile: "capturer le carbone n'est pas la solution idéale mais elle nous offre un répit, selon Stephan Singer, responsable du climat au WWF. C'est une solution d'ugence".

Il rappelle que la Chine ouvre une centrale thermique au charbon par semaine et qu'il vaut mieux étudier comment piéger les gaz plutot que d'expérer que Pékin les ferme. L'Europe a actuellement 34 projets industriels de piégeage du carbone prévus.


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samedi 3 mai 2008

Avis d'expert : l'éthanol, le mauvais choix

Lester BownLe "J'accuse" de deux experts américains
Lester Brown (ci-contre), président du Earth Policy Institute, organisation américaine de défense de l'environnement respectée, et Jonathan Lewis, expert du climat à l'organisation Clean Air Task Force, accusent la production d'éthanol des Etats-Unis de dégâts majeurs: hausse des prix alimentaires, famine, déforestation, pollution accrue et -- un comble -- quasiment aucune réduction de la consommation américaine de pétrole. Ils demandent au Congrès américain de revoir les quotas de production d'éthanol tiré du maïs.
La loi sur l'énergie votée par le Congrès américain en décembre dernier prévoit que l'utilisation de l'éthanol atteigne 136 milliards de litres par an d'ici 2022, six fois plus qu'aujourd'hui, et que la production d'éthanol de maïs monte à 56,7 millions de litres.

Mais à l'instar de ces deux experts, alors qu'un quart du maïs américain finit maintenant dans les réservoirs des voitures, de plus en plus de voix aux Etats-Unis condamnent l'éthanol.


" Nous appelons le Congrès à réviser les quotas qui exigent qu'une partie de la production alimentaire soit destinée aux biocarburants. Ces obligations "food-to-fuel" (aliments-vers-carburant) devaient apporter aux Etats-Unis davantage d' indépendance énergétique, et lutter contre le réchauffement climatique.Mais les preuves montrent qu'au contraire, tout cela nuit à l'environnement et provoque une crise alimentaire.

D'abord, produire de l'éthanol requiert une énorme quantité d'énergie, qui vient surtout du charbon, sans oublier les déchets dangereux issus des usines d'éthanol ainsi que les eaux usées, polluantes.

Ensuite, ces quotas "aliments vers carburants" font augmenter le prix des produits alimentaires, avec des dégâts environnementaux considérables. Aux Etats-Unis, les agriculteurs utilisent des terres qui sortent ainsi des réserves naturelles, et menacent les habitats d'espèces fragiles. La hausse de la production fait aussi augmenter l'utilisation d'engrais. La National Academy of Sciences a estimé récemment que si les quotas du Congrès de hausse de la production d'éthanol était réalisés, en 2022 la taille de la zone morte du Golfe du Mexique augmenterait de 10 à 19% -- une zone si polluée qu'aucune forme de vie aquatique n'y survit.

Le plus grave est la hausse des prix alimentaire pousse à la déforestation, notamment en Amazonie, où de larges zones forestières sont éclaircies pour l'agriculture, comme le montre un reportage de Time Magazine. Le résultat est dévastateur. Nous perdons un trésor écologique et des habitats cruciaux pour certaines espèces protégées, et le plus grand "puits de carbone" de la planète. Et quand les forêts sont coupées et la terre labourées pour la culture, le carbone qui était piégé pour les plantes et le sol se trouve libéré.

Un chercheur de Princeton, Tim Searchinger, a modelisé cet impact dans un article dans le magazine Science qui montre que le programme aliments-vers-carburants augmentera les émissions de CO2.

Ce programme en outre ne réduit pas notre dépendance énergétique. l'an dernier les Etats-Unis ont transformé en éthanol environ un quart de leur production de maïs, ce qui n'a réduit que de 1% la consommation de pétrole du pays.

Et la dévolution d'un quart de la production américaine de maïs au carburant fait monter les prix alimentaires mondiaux. Aux Etats-Unis les prix alimentaires augmentent deux fois plus vite que l'inflation, ce qui frappe surtout les plus pauvres. Au niveau mondial les l'ONU et d'autres organisations d'aide alimentaire manquent de produits car le coût de la nourriture dépasse leurs moyens d'aider les 800 millions de personnes qui souffrent de malnutrition. Des émeutes de la faim, parfois meurtrières, se multiplient dans des dizaines de pays, tout récemment en Haïti et en Egypte. Le président de la Banque Mondiale Robert Zoellick a avertit d'une urgence alimentaire mondiale.

La première mesure nécessaire est d'augmenter l'aide alimentaire, mais l'Amérique doit aussi arrêter de contribuer à l'inflation des prix par des quotas qui nous forcent à alimenter nos voitures plutôt que les gens.

La conclusion s'impose : les quotas d'aliments-vers-carburants ont échoué. Le Congrès a pris un gros risque sur les biocarburants, qui n'a pas payé. Tirons-en les leçons et agissons rapidement pour limiter les dégâts et prendre d'autres voies."

Le site du Earth Policy Institute
(Crédit photo : DR)

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jeudi 1 mai 2008

Les Françaises prêtes à sacrifier les plats préparés pour l'environnement, mais pas leur lave-linge

Les Françaises sont prêtes à ne plus acheter leur produit cosmétique favori, des produits alimentaires en portions individuelles ou encore des plats préparés s’ils ont un impact négatif avéré sur l’environnement. Mais 74% d’entre elles ne renonceront pas à utiliser leur machine à laver le linge et 34% à prendre leur voiture pour faire leurs courses (voir tableau ci-dessous), selon une enquête réalisée par l’institut TNS Sofres pour l’hebdomadaire
« Femme actuelle ».


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Les femmes veulent bien modifier certaines de leurs habitudes sans pour autant sacrifier tout leur confort. 64% déclarent faire déjà des efforts mais estiment que cela n’a pas un grand impact. Quels sont leurs gestes les plus fréquents pour l’environnement ? Utiliser un caddie, un cabas ou des sacs réutilisables pour les courses (93% d’entre elles), trier les déchets ménagers (89%) et réduire leur consommation d’eau en faisant la vaisselle ou leur toilette (84%). Mais seules 52% font très attention à l’emballage quand elles achètent un produit et 45% achètent des produits recyclés.
71% se disent inquiètes et 61% concernées par la situation de l’environnement en France. La pollution des sols et de l’eau est leur premier sujet de préoccupation, devant la pollution de l’air. Mais la disparition de certaines espèces (plantes, animaux) ou les risques industriels ne les affolent guère.
Une large majorité essaie d’inculquer à leurs enfants et petits-enfants des petits gestes en faveur de l’environnement. Ce sont les médias - et en premier lieu la télévision - qui les informent sur les actions permettant de réduire leur impact sur l’environnement.
Elles font essentiellement confiance aux associations et instituts de recherche pour les informer sur l’état de l’environnement et les risques pour leur santé. Seules 9% font confiance aux pouvoirs publics nationaux.

(Enquête réalisée les 23 au 24 janvier 2008 par TNS-Sofres pour le magazine Femme Actuelle auprès d'un échantillon de 546 personnes représentatif de l'ensemble des femmes françaises âgées de 18 ans et plus)
Accéder à l'intégralité de l'étude

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