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Etudes, analyses, statistiques et avis d'experts internationaux sur les marchés de l'environnement
et des technologies vertes, ou "greentech"

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jeudi 10 juillet 2008

Taxe carbone : pas facile à mettre en place !

Instaurer une taxe carbone est légitime mais difficile, selon un rapport de l’Institut de l’entreprise, association qui regroupe 120 grandes entreprises françaises. Définir le périmètre concerné, calculer les émissions de CO2 par produit ou encore fixer un niveau de taxation sont autant de points délicats.


La taxe carbone est défendue par l’économiste britannique Nicholas Stern, l’animateur écologiste Nicolas Hulot ou encore Jean-Charles Hourcade, directeur du Centre international de recherche sur l’environnement et le développement (Cired). En France, le projet de loi « Grenelle de l’environnement » prévoit la mise à l’étude de sa faisabilité, un rapport devant être présenté devant le Parlement avant la fin 2008.

Première difficulté analysée dans le rapport : la taxe ne peut concerner que les activités exclues du système européen de quotas, qui cible les secteurs les plus intensifs en énergie (sidérurgie, verre, ciment, production d’électricité…). En 2005, ce système couvrait environ 45% des émissions de CO2 de l’Union européenne, soit 2,2 Gt de CO2. Gratuits jusqu’en 2012, les quotas de CO2 devraient devenir payants à partir de 2013 selon les projets de la Commission européenne. La taxe carbone s’appliquerait donc aux ménages (chauffage domestique, carburant…), au transport routier, à l’agriculture et à la pêche (pour le carburant utilisé) et à l’ensemble du secteur tertiaire pour son utilisation de bâtiments consommateurs d’énergie.

Cette nouvelle contribution aurait des effets négatifs tant sur les revenus des ménages que sur les secteurs concernés, dont la compétitivité risque de s’éroder. Il faudra choisir des compensations, sans toutefois priver la taxe de ses effets, souligne le rapport.

Deuxième point délicat : l’évaluation du volume de CO2 utilisé pour la production de chaque produit ou catégorie de produit. Etablir des barèmes représente un travail titanesque, impossible à mener pour l’ensemble des biens de consommation ! Reste donc l’option d’une taxation en amont, sur la consommation des énergies fossiles à l’origine des émissions de CO2. La mise en oeuvre d’une telle taxe conduirait logiquement non pas à créer un nouveau prélèvement, mais à réformer en profondeur la TIPP…

Troisième casse-tête : le niveau de taxation. L’idée étant de faire payer au consommateur le dommage subi par l’environnement, le seuil de taxation ne peut dépendre du prix de l’énergie à l’origine du préjudice (pétrole, gaz…). Il est possible de prendre en compte la valeur de la tonne de carbone : 27 euros actuellement, et une valeur de 100 euros par tonne à l’horizon 2030 recommandée par le rapport de la commission Quinet sur la mesure du pouvoir d’achat. Cela permettrait de donner de la visibilité aux ménages et aux entreprises, avec la mise en place d’un taux progressif. Mais le lien entre la taxe et ce prix du CO2 doit aussi dépendre d’éléments comme les mesures réglementaires, les permis d’émissions… Autant de contraintes supplémentaires.
Accéder à l'intégralité du rapport ici.
(Photo : DR)

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vendredi 4 juillet 2008

Les pays du G8 en retard dans la lutte contre le réchauffement climatique

Aucun des pays du G8 n’a respecté ses engagements en matière de lutte contre le réchauffement climatique. Les mesures qu’ils ont prises ne suffiront pas à limiter la hausse des températures mondiales à moins de 2 degrés, selon un rapport du cabinet Ecofys pour le WWF et l’assureur Allianz.

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Etats-Unis, Canada et Russie sont les trois plus mauvais élèves, alors que le Royaume-Uni, la France et l'Allemagne affichent les meilleures performances.

La France affiche des émissions de CO2 (par habitant et par rapport à son PIB) relativement basses pour un pays industrialisé, en grande partie grâce à l’importance de son parc nucléaire. Et elles sont relativement stables depuis 1990. Mais elle pourrait se montrer plus ambitieuse dans le bâtiment, les transports et le secteur électrique, selon le rapport. La moitié de son industrie est concernée par le système européen des permis à polluer.

Les émissions de CO2 du Royaume-Uni sont inférieures à l’objectif du protocole de Kyoto, mais elles pourraient remonter dans les prochaines années, en raison du recours au charbon.

L’Allemagne est saluée pour sa promotion des énergies renouvelables. Mais elle utilise encore beaucoup de charbon et ne fait pas suffisamment pression sur son industrie automobile pour réduire les émissions de CO2.

Les pays du G8 se réunissent du 7 au 9 juillet au Japon. La lutte contre le réchauffement climatique sera l’un des sujets prioritaires. Lors du dernier sommet du G8 en Allemagne en 2007, les dirigeants des huit grandes puissances s'étaient mis d'accord sur une déclaration peu contraignante promettant simplement "d'examiner attentivement" l'idée d'une réduction de 50% des émissions polluantes d'ici à 2050. Au Japon, la Commission européenne milite pour un engagement fort.
Accéder au rapport ici

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samedi 28 juin 2008

Gagner 500 milliards d’euros par an en énergie grâce aux nouvelles technologies

Les technologies de l'information et de la commmunication pourraient réduire les émissions mondiales de CO2 de 15% en 2020 et permettre d'économiser plus de 500 milliards d’euros par an en efficacité énergétique. Un scénario décrit dans un rapport publié par l'institut britannique The Climate group.

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Les technologies de l’information et de la communication sont aujourd’hui responsables de 2% des émissions globales de CO2, selon McKinsey. Ce chiffre pourrait doubler d’ici à 2020. Mais tout peut encore changer : si on améliore leur efficacité énergétique et si on les utilise pour réduire les dépenses d’énergie dans d’autres secteurs, notamment l’industrie et le bâtiment, elles peuvent générer d’importantes économies.

Premier objectif : réduire leur propre empreinte carbone. Il y a urgence : la demande en nouvelles technologies continue à exploser, et avec leurs émissions de CO2. Entre 2007 et 2020, le nombre de PC va quadrupler à 4 milliards de postes dans le monde et les émissions de CO2 afférentes vont doubler dans la période, avec les portables comme première source d’émissions (22% du total). Le nombre de téléphones portables en circulation devrait lui grimper à 5 milliards en 2020, avec une hausse des émissions de CO2 limitée à 4%.

Le secteur est au pied du mur : il doit réduire ses émissions de CO2 à tous les niveaux, dans les data centers (très gros consommateurs d’électricité), les réseaux à large bande pour les télécoms et lors de la fabrication des produits. Le rapport préconise plusieurs solutions : recours aux énergies renouvelables, allongement de la durée de vie des produits, virtualisation des data centers…

Mais si les nouvelles technologies doivent revoir leurs propres process, elles ont aussi un formidable rôle à jouer pour réduire les émissions de CO2 d’autres activités, et générer ainsi d’importantes économies d’énergie. Avec d’abord, la dématérialisation pour se substituer à des produits ou services physiques. Vidéo-conférence, e-commerce, télétravail ou encore e-paper sont déjà largement utilisés mais il est possible d’aller plus loin.

L'intérêt énergétique des nouvelles technologies va bien au-delà. Elles peuvent aider à diminuer les émissions globales de CO2 de 15% d’ici à 2020. Soit une économie de 7,8 gigatonnes d’équivalent CO2, plus que le niveau actuel d’émissions d’un pays comme la Chine ou les Etats-Unis.

Dans quatre secteurs (voir graphique ci-dessous), leur rôle pour accroître l’efficacité énergétique est capital : l’industrie (monitoring de la consommation d’énergie, optimisation des systèmes à moteur, automatisation…), la logistique (tracking via la RFID, systèmes de communication entre les fournisseurs et les clients…), le bâtiment (adaptation des conditions de chauffage et de lumière en fonction du comportement des occupants…) et enfin la gestion des réseaux et la distribution électrique.

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C’est dans ce dernier domaine que les bénéfices pourraient être les plus importants. En Inde, par exemple, plus de 30% de l’électricité produite est perdue en raison de problèmes techniques ou commerciaux. Une perte qui pourrait être réduite grâce au déploiement des nouvelles technologies. Globalement,la réduction globale d’émissions de CO2 des réseaux d'énergie pourrait atteindre 2,03 GtCO2e en 2020, soit une valeur de 79 milliards d’euros.

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jeudi 26 juin 2008

Avis d'expert : CO2, les entreprises doivent vite se préparer à payer

Dès 2013, les entreprises européennes risquent de devoir payer leurs quotas d’émissions de CO2. Il faut impérativement qu'elles soient fixées au plus vite pour pouvoir s'y préparer, avertit Vincent Brenot, avocat au cabinet Freshfields Bruckhaus Deringer, spécialiste du droit de l’environnement et des secteurs de l’énergie et des infrastructures.

Cette tarification est prévue dans le paquet Climat Energie de la Commission européenne, qui pourrait être adopté sous la Présidence française.

En France, les quotas sont actuellement alloués gratuitement dans le cadre du Plan national d’allocation de quotas (PNAQ). Connaître les conditions d'attribution futures devient une urgence, car certaines entreprises suspendent leurs investissements en attendant d’y voir plus clair, tandis que d’autres ignorent le risque. Interview.

G.U.: Les entreprises anticipent-elles le risque de quotas d’émissions de CO2 payants à partir de 2013 ?

Certaines l’anticipent totalement, par exemple les grands groupes pétroliers. Ils font de la prospective sur l’après 2012 : quelles seront les modalités d’achat des quotas s'ils ne sont plus attribués gratuitement ? A quel tarif ? Comment intégrer ce coût supplémentaire dans le prix de revient de leurs produits ? Beaucoup d’entreprises redoutent une perte de compétitivité qui entraînerait des délocalisations. Elles font un lobbying intensif à Bruxelles pour faire passer le message. Certaines mettent aussi en place des directions carbone dans leur organisation, signe de l’enjeu du dossier dans leur stratégie.

A l’opposé, d’autres vivent la situation au fil de l’eau et anticipent peu ce risque. Elles gèrent le problème des quotas, mesurent leurs émissions de CO2 une fois par an. Mais elles ne perçoivent pas la contrainte carbone comme un élément majeur. La différence tient bien sûr à l’activité et au volume de CO2 émis, mais aussi à l’image : les industriels gros consommateurs de ressources ou d’énergie ont d'abord intégré la donnée environnementale en termes de communication puis sur le plan financier.


Les secteurs non concernés aujourd’hui par les permis à polluer mais qui le seront dans les prochaines années sont-ils prêts ?

Les plus gros émetteurs de CO2 anticipent cette évolution dans leurs projections financières. C’est le cas du secteur des transports, notamment l’aérien, responsable de 2 à 4% des émissions globales de CO2 de l’Union européenne. Il devrait être concerné par le système des permis de polluer en 2012, voire dès 2010. L’enjeu est donc majeur. Dans le BTP également, les entreprises sont déjà incitées à réduire la consommation d’énergie et même à construire des bâtiments à énergie positive. Il est vraisemblable qu'à court ou moyen terme, elles se verront assigner des objectifs plus ambitieux en matière de réduction de consommation énergétique des bâtiments .


G.U: Par rapport à ses voisins, la France a-t-elle bien intégré la contrainte carbone ?

L’Allemagne ou la Grande-Bretagne s’en préoccupent davantage et depuis plus longtemps. Chez nous, c’est un sujet émergent, qui a certes beaucoup progressé depuis le Grenelle de l’environnement et va encore évoluer avec l’adoption des lois qui le mettront en œuvre ainsi que celle sur la responsabilité environnementale. Le retard se voit dans les entreprises. Outre-Rhin par exemple, les industriels ont déposé plusieurs centaines de recours contre les décisions d'allocations de quotas car ils trouvaient les volumes attribués insuffisants. Cela témoigne d’une perception du risque carbone très forte. En France, les contentieux sont beaucoup moins développés. Seuls 44 recours ont été déposés en 2007. C’est assez peu. Et seulement la moitié émanent d’industriels, les autres sont le fait d’établissements hospitaliers ou de centrales thermiques des Dom-Tom.

Au niveau national, l’Etat a sous-évalué les réserves nécessaires pour l’attribution de permis aux nouveaux entrants ou dans le cadre des extensions d’activité. Résultat : il est aujourd’hui déficitaire ! Potentiellement, il pourrait devoir acquérir 100 millions d’euros de quotas supplémentaires sur le marché pour répondre aux nouvelles demandes des industriels… L’idée défendue par le ministère chargé de l’environnement est de mettre aux enchères une partie des quotas attribués aux électriciens (EDF et SNET) afin de financer l’achat de quotas supplémentaires sur le marché européen sans préjudice pour les nouveaux entrants afin de ne pas freiner l'investissement industriel en France. Cette piste n’a pas été retenue par la commission des affaires économique de l'Assemblée nationale qui propose d’étudier un nouveau mécanisme au sein du projet de loi de finances pour 2009.


G.U.: Que peuvent faire les entreprises pour se préparer à l’évolution de la réglementation sur les permis à polluer ?

Pas grand-chose, si ce n’est de la veille et du lobbying. Car le gros problème actuellement, c’est le manque de visibilité. On ne sait pas ce qui se passera après 2012. Or en termes d’investissement, c’est aujourd’hui qu’il faut prendre les décisions. Ce brouillard est clairement un frein. Les entreprises peuvent certes acheter des crédits carbone via les mécanismes de développement propre (MDP) initiés par le protocole de Kyoto. Mais personne ne peut dire quel sera le cours du carbone, ce qui fragilise la démarche ! Il est urgent de trouver une solution au niveau international pour apporter de la visibilité sur l’après 2012.

Propos recueillis par PL
(Photo : DR)


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vendredi 20 juin 2008

La France, quatrième émetteur de gaz à effet de serre d'Europe

L’Europe des 27 a réduit ses émissions de gaz à effet de serre (GES) de seulement 0,3% en 2006, selon le bilan officiel (en anglais) de l’Agence européenne pour l’environnement (AEE), soit 14 millions de tonnes en moins. Au total, ses émissions ont dépassé 5,1 milliards de tonnes, un niveau inférieur de 7,7% à celui de 1990.



L’Allemagne et le Royaume-Uni sont les deux pays qui rejettent le plus de GES : un tiers à eux deux. La France arrive en quatrième position, juste derrière l’Italie. Responsable de 11% des émissions européennes en 2006, elle a réduit son niveau de 4% par rapport à 1990, grâce surtout à une baisse des émissions de N2O (le protoxyde d'azote) pour la production d'acide adipique. En revanche, les émissions liées au transport routier y ont beaucoup augmenté.

Les quinze plus anciens Etats membres ont diminué leurs émissions de 2,7% entre 1990 (année de référence) et 2006. C’est encore loin de l’objectif fixé par le protocole de Kyoto, qui consiste à maintenir les émissions moyennes entre 2008 et 2012 à un niveau d’au moins 8% inférieur à celui de l’année de référence. Il reste bien des efforts à fournir, a remarqué le commissaire européen à l’Environnement, Stavros Dimas.

Ce bilan mitigé de 2006 est surtout dû au transport routier dont les émissions de CO2 ont crû de 0,7% (+ 6,5 millions de tonnes) dans l’Europe des 27. L’industrie sidérurgique enregistre également une progression de ses émissions de CO2, tout comme la production d’électricité publique et de chaleur.



Trois facteurs ont en revanche joué un rôle positif : une baisse de la consommation d’énergie des ménages et des services (-2,2%, soit un recul de 16,6 millions de tonnes de CO2), une diminution des émissions de CO2 dans l’industrie (hors fer et acier) et un recul des émissions de N20 dans l’Europe des 15.

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jeudi 19 juin 2008

Tourisme et réchauffement climatique, la double peine

Le secteur du tourisme est doublement menacé par le réchauffement climatique. Il doit d'abord réduire d'urgence ses émissions de CO2 : il est à l’origine d'environ 5% des émissions mondiales, selon un rapport (en anglais) de l’Organisation mondiale du tourisme (UNWTO).



Mais il doit aussi se préparer à de profonds bouleversements liés à la hausse des températures sur la planète : certaines régions risquent de devenir moins attractives comme destinations de vacances (Alpes, côte méditerranéenne) quand d’autres pourraient tirer leur épingle du jeu (sud de l’Angleterre).

A court terme, le haut niveau des émissions de CO2 est le problème le plus crucial. Depuis 1950, le nombre d'arrivées de touristes internationaux (l'unité de mesure utilisée dans le secteur) progresse de 6,5% par an dans le monde. Il s'élevait à 898 millions en 2007. Un chiffre qui pourrait passer à 1,6 milliard en 2020, au plus tard.

Le transport génère 75% des émissions de CO2 du secteur, dont 40% sont imputables à l’aérien. Si rien n’est fait et en restant sur un rythme de croissance de l'ordre de 4% par an, les émissions de CO2 du secteur pourrait bondir de 161% d'ici à 2035…

Les solutions existent : recherche d’une meilleure efficacité énergétique via des innovations technologiques, recours aux énergies renouvelables, mutation entre les modes de transport pour favoriser les moins polluants… Selon les experts de l’Organisation mondiale du tourisme, si toutes ces solutions sont appliquées, les émissions de CO2 pourraient être réduites de 68% en 2035 avec le même rythme de développement du secteur.

A moyen terme, le tourisme va aussi être bouleversé par le réchauffement climatique à plusieurs niveaux :
- L’augmentation des températures va rendre certaines destinations moins attractives : s’il y a moins de neige dans les Alpes, les stations de ski seront désertées (malgré la neige artificielle). En Australie, la célèbre grande barrière de corail risque de blanchir et de perdre son intérêt. Certaines régions deviendront trop chaudes pour une partie des touristes (côte méditerranéenne) au profit d’autres lieux aujourd’hui boudés (sud de la Grande-Bretagne, du Canada…). Une gigantesque redistribution des cartes pourrait s'opérer.
- Des effets indirects sont à prévoir : les ressources en eau seront appauvries dans certaines régions, de même que la biodiversité.
- L'effet des politiques visant à réduire les émissions de CO2 va se faire sentir : les touristes pourraient privilégier des destinations plus proches et des séjours plus longs.
- Un risque de perte de pouvoir d'achat des consommateurs : selon le rapport Stern, un réchauffement climatique limité à 1 degré celsius peut être bénéfique au PIB mondial. Au-delà, la croissance économique pourrait souffrir et affecter le niveau de vie des populations. Ce qui ne manquerait pas d’avoir des conséquences rapides sur le tourisme.

Les grands tour opérateurs mondiaux devraient pouvoir s’adapter à cette révolution, les prestataires locaux des destinations menacées auront plus de mal.

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mardi 17 juin 2008

CO2, la Chine passe en tête

Les émissions mondiales de CO2 ont augmenté de 3,1% en 2007, après
+ 3,5% en 2006, selon l'étude annuelle de l’agence d’évaluation de l’environnement néerlandaise. Soit une progression de 800 millions de tonnes métriques. Principale responsable : la Chine ! Elle a contribué aux deux tiers de cette hausse.

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Cette progression fait passer la Chine en tête des pays qui émettent le plus de CO2 (24% des émissions mondiales), devant les Etats-Unis (21%), l’Europe des 15 (12%), l’Inde (8%) et la Russie (6%). A eux seuls, ces pays représentent 71% des émissions mondiales de CO2.

Cette première place de la Chine confirme un récent scénario de l’Agence internationale de l’énergie, présenté devant le Lisbon council, un think tank bruxellois, et l’avis d’experts comme Eberhard Rhein, pour qui la lutte contre le réchauffement climatique passera forcément par la Chine.

Le classement par habitant est un peu différent : les Etats-Unis sont toujours en tête (19,4 tonnes métriques de CO2), devant la Russie (11,8), l’Europe des 15 (8,6), la Chine (5,1) et l’Inde (1,8).

Depuis 1990, les émissions mondiales de CO2 liées aux énergies fossiles et à l’industrie du ciment ont augmenté de 34%. Les énergies fossiles restent de loin les plus utilisées pour répondre à la croissance de la demande mondiale en énergie.

L'industrie cimentière est la première émettrice de CO2, après les combustibles fossiles. Elle contribue à près de 5% du total des émissions de l’industrie et des combustibles. Avec une production qui a crû de 10% en 2007, la Chine produit aujourd’hui la moitié du ciment mondial. L’industrie cimentière est responsable de près de 20% des émissions de CO2 du pays, en intégrant les combustibles nécessaires pour les fours de chauffage. Le récent tremblement de terre dans la région du Sichuan pourrait encore faire bondir la demande en ciment pour la reconstruction des infrastructures et des bâtiments.

En 2007, la consommation d’énergie a été affectée par les conditions météo et la hausse des prix des carburants. En Europe, un hiver relativement clément et le prix élevé du pétrole ont eu un impact sur les émissions de CO2, qui ont diminué de 2%. Aux Etats-Unis, en revanche, un hiver assez frais et un été 2007 chaud ajoutés à un recul de la production d’électricité à base de combustibles non fossiles ont provoqué une hausse des émissions de CO2 liées au chauffage et à la climatisation. Au total, les émissions ont augmenté de 1,8% en 2007 dans le pays.

L’agence néerlandaise a établi son classement à partir de données sur l’énergie publiées récemment par le groupe pétrolier BP et de statistiques sur l’industrie cimentière mondiale.

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samedi 14 juin 2008

L'Inde, condamnée à réussir dans les greentech

L'Inde pourrait bien devenir un des leaders mondiaux des technologies de l'environnement, tout simplement parce qu'elle n'a pas le choix, et attire des investissements en forte croissance dans ce secteur, selon un rapport du Cleantech Group.

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Les investissements totaux dans les cleantech, toutes sources confondues, ont décuplé entre 2006 et 2007, passant de moins de 200 millions de dollars à 2,4 milliards, gonflés par un investissement majeur du producteur indien d'éoliennes Suzlon, l'un des leaders mondiaux, qui a racheté pour 1,9 milliard de dollars son concurrent allemand RePower en 2007.


Pour l'Inde, l'enjeu est vital : sans réduction des émissions de CO2, l'avenir du pays, où vit 16% de la population mondiale avec seulement 4% des ressources en eau, est plus qu'inquiétant.

D'ici 2030, la fonte des glaciers de l'Himalaya assèchera le Gange, qui fournit eau et irrigation à 500 millions de personnes, la hausse du niveau des mers menace des dizaines de millions de personnes sur les côtes et dès 2020 l'eau potable se fera trop rare pour les habitants, et la température y augmentera davantage que dans le reste du monde, perturbant la mousson, selon la Banque mondiale et le rapport de l'ONU 2007.

Voila pourquoi l'Inde se bat contre le réchauffement, avec un paradoxe : elle est à la fois l'un des pays où les émissions de gaz à effet de serre augmentent le plus vite (+65% en 5 ans, le 2ème taux derrière la Chine), à cause d'une croissance économique de 8% par an, mais aussi l'un des plus actifs dans les greentech, avec un savoir-faire notamment pour les zones rurales.

Les investissements des seuls capitaux-risqueurs dans des projets "green" en Inde ont plus que doublé en 2007, à 290 millions de dollars contre 140 millions en 2006, rattrapant presque les montants investis en Chine. Les investisseurs ont surtout misé sur les énergies renouvelables -- éolien surtout, et solaire -- qui ont reçu 36% des fonds. Ils croient à un boom similaire à celui de la high-tech en Inde.



Certains capitaux-risqueurs deviennent des acteurs importants en Inde, comme le fonds Khosla Ventures, le Global Environment Fund, Barings Private Equity, 2i Capital et IDFC Private Equity.

En 2007, parmi les transactions divulguées, le plus gros montant a été obtenu par le producteur de cellules solaires Moser Baer Photo Voltaic, qui a reçu 100 millions de dollars de GIC Special Investments, CDC Group et d'IDFC Private Equity. Moser Baer, à l'origine un fabricant de disques compacts qui s'est diversifié dans les équipements solaires, a investi dans des start-up américaines et compte entrer en Bourse sur le Nasdaq américain.

Vient ensuite le fabricant d'éoliennes Vestas RRB India, filiale du danois Vestas, le leader mondial qui détient 25% du marché mondial des éoliennes. Vestas RRB India a reçu 54 millions de la banque d'affaires américaine Merrill Lynch.

Troisième plus gros bénéficiaire de fonds, l'industriel de l'énergie ICSA, qui a reçu 52 millions de dollars des banques Citigroup et Goldman Sachs. Le spécialiste des énergies renouvelables Auro Mira Energy (vent, biomasse, hydro) a lui reçu 50 millions du fonds Barings Private Equity et le producteur de biocarburants Praj Industries a obtenu 29,3 millions des fonds Khosla Ventures, Kleiner Perkins et Caufield & Buyers.

Au plan international, l'Inde est déjà le 2e pays vendeur de crédits-carbone prévus par le mécanisme de développement propre (MDP) du Protocole de Kyoto -- permettant aux pays développés de compenser leurs émissions en finançant des projets de réduction des émissions de CO2 dans les pays en développement. Des centaines de projets indiens en profitent.

Mais si les projets indiens sont les plus nombreux à avoir reçu des fonds -- 294 sur les 852 projets mondiaux à fin octobre 2007 -- ce sont aussi des projets modestes car en montant de crédit, l'Inde n'en a perçu que 20%, contre quelque 70% pour la Chine, qui attire davantage les gros investissements.

Autre moteur, le gouvernement indien vise 10% d'énergie renouvelable dans 5 ans dont 4% à 5% de la production électrique, dans un pays où les besoins en énergie devraient être multipliés par 5 d'ici 2030, croissance et démographie obligent.

L'inde est déjà l'un des 5 premiers marchés mondiaux pour les éoliennes.
Le pays compte maintenant installer des capacités de production d'énergie supplémentaires de 70 GigaWatt dans les 5 ans, en plus des 135 GW déjà installés, et sur ce total environ 20%, soit 14,5 GW, devraient provenir d'énergies renouvelables.

Elle prévoit ainsi de faire passer ses capacités d'énergie éolienne de 7,7 GW actuellement à 17,5 GW en 2012, et ses surfaces de panneaux solaires de 3 MW par km2 à 136 MW par km2. Sa production hydraulique passera de 2 GW à 3,4 GX.
Atteindre ce but coûtera cher : Cleantech Group calcule qu'il faudra 19 milliards de dollars d'investissement au total, dont 15 milliards de dollars investis dans l'éolien et 2 milliards dans les petites centrales hydro-électriques.

Et les besoins en eau de l'Inde y créent un marché du traitement des eaux évalué à 420 millons de dollars, qui va croître de 15% à 20% par an ces prochaines années.

Quelques grosses entreprises émergent au niveau mondial : le groupe indien Suzlon, l'un des plus gros fournisseurs d'éoliennes au monde -- le groupe revendique 10,5% du marché mondial --, prévoit d'investir 1,5 milliard de dollars pour tripler sa capacité de production d'ici 2009. Le producteur d'électricité et vendeur de crédits-carbone Greenko, qui s'est introduit en Bourse fin 2007 et a levé 64 millions de dollars, a récemment racheté 8 sociétés pour agrandir sa taille.

Commentaires de Green Univers :
L'auteur du rapport, le CleanTech Group, un groupe américain de recherche sur le secteur, s'intéresse de près aux possibilités de l'Inde, d'autant qu'il a été cofondé par le célèbre investisseur Vinod Khosla, né en Inde, et qui, après avoir été un gourou de l'internet et cofondé Sun Microsystems, est devenu un passionné de l'investissement vert, comme avec lui de nombreuses autres stars des high tech.

Un bémol cependant : les VC intéressés par les greentech ne trouvent pas suffisamment de sociétés indiennes viables où investir. “Nous voulons investir sur ce secteur mais nous avons du mal à cibler des sociétés qui nous intéressent assez. Nous recherchons des innovations crédibles et des talents d'exécution mais nous n'en avons pas trouvé beaucoup", a commenté dans une interview l'investisseur Alok Mittal, de Canaan Partners.

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mercredi 11 juin 2008

Développement durable : les entreprises en font peu !

Malgré leurs grandes déclarations, les entreprises ne n’intéresseraient que du bout des lèvres au développement durable, selon une étude (en anglais) du cabinet conseil Arthur D.Little. Leurs actions seraient superficielles, dépourvues d'ancrage stratégique et de suivi.

Même les groupes scandinaves, souvent présentés comme des modèles, seraient à la traîne. Seuls 48% ont communiqué leurs émissions de CO2 en 2007. Et ils ne sont que 29% à le faire en suivant les standards internationaux établis par la GRI (Global reporting initiative).

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Résultat : dans les prochaines années, ces entreprises risquent de passer à côté d’opportunités de marchés et de faire fuir les investisseurs, qui sont de plus en plus nombreux à estimer que les sociétés performantes en matière d’environnement seront plus compétitives que les autres à moyen terme.

Les investissements dans les fonds intégrant des critères sociaux et environnementaux ont bondi de plus de 40% entre 2005 et 2006 en Europe. Et les indices intégrant des éléments comme les émissions de CO2 se multiplient : Dow Jones sustainability index, FTSE4Good… La plupart d’entre eux enregistrent des performances supérieures aux autres indices (graphique ci-dessous).

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Le focus sur 99 entreprises cotées scandinaves révèle l’absence d’une vraie stratégie intégrant la dimension environnementale, le manque de transparence dans le reporting, le manque d’objectifs chiffrés et des lacunes dans les procédures de suivi.

Dans les pays nordiques, 78% des industriels et 93% des entreprises du secteur agro-alimentaire n’ont pas réussi à atteindre les scores de réduction des émissions de CO2 exigés pour intégrer le « carbon winners equity index », un indice boursier lancé en 2007 qui tient compte du niveau des émissions de carbone.

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lundi 9 juin 2008

Le compte à rebours des émissions de CO2

"Depuis que vous lisez ce site, 15 personnes sont nées, 4 sont mortes et 2.000 tonnes de CO2 sont parties dans l'atmosphère. Et maintenant ces chiffres ont doublé. Non, triplé..." Le terrible compte à rebours du site breathingearth.net illustre l'augmentation de la population et des émissions de dioxyde de carbone à chaque seconde dans le monde. Une simple simulation, mais frappante. L'auteur du site dit s'être basé sur des chiffres des Nations-Unies (une compilation de chiffres 2002) pour les émissions de CO2 et sur le "Word Factbook 2006" de la CIA pour les chiffres de la population.
brethingeathingearth pour green univers
Cliquer sur l'illustration pour la simulation.
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dimanche 8 juin 2008

Feuille de route de l'AIE : nucléaire, éoliennes, capture du CO2, économies d'énergie. Et 45.000 mds de dollars !

Pour réduire de moitié les émissions de CO2 mondiales d'ici 2050, l'AIE (Agence internationale de l'énergie) a dressé vendredi un ambitieux plan d'attaque. Elle préconise que, de 2010 à 2050, le monde installe chaque année, en moyenne :
- 32 centrales nucléaires
- 215 millions de m2 de panneaux solaires
- 17.500 éoliennes (dont un quart en mer)
- 55 centrales thermiques équipées de système de capture du CO2 (CCS).

En tout, 1.400 centrales nucléaires et 700.000 éoliennes à construire d'ici 2050.


Un choix pro-nucléaire aussitôt rejeté par le ministre allemand de l'Energie Sigmar Gabriel et par Greenpeace, qui condamne aussi le choix de la technologie de capture du carbone, une technologie controversée.
Autres recommandations de l'AIE : les biocarburants tirés de la biomasse (notamment les résidus de bois) devront représenter un quart des carburants utilisés, et devront circuler un milliard de voitures avec des batteries électriques ou des piles à combustible.

Il faudra aussi doubler l'efficacité énergétique de nos appareils et qu'une bonne partie des bâtiments construits soient à émissions zéro.
Donc, sur de nombreux points, aller beaucoup plus loin que les projets actuellement sur les rails.

Coût de ce scénario "bleu" : 45.000 milliards de dollars sur 40 ans, soit 1,1% du PIB mondial/an. Mais cela économisera l'équivalent de 51 milliards de dollars de carburant...

Si ce scénario est suivi, la biomasse deviendra la principale source d'énergie renouvelable, apportant 23% de l'énergie primaire. Il faudrait pour cela que 15.000 millions de tonnes de biomasse soient apportées chaque année des usines, la moitié venant des résidus de bois et forêts, l'autre moitié de cultures spécifiquement produites, qui nécessiteront une surface cultivée équivalente au quart de la surface agricole américaine.

Un bon signe, 2007 a vu s'accélérer le déploiement d'énergies renouvelables, souligne l'AIE, avec 20 GW supplémentaires d'éoliennes et 2 GW de solaire. Environ 30% des capacités énergétiques supplémentaires sont issus des énergies renouvelables en 2007.

Les biocarburants tirés du maïs et autres productions vivrières ont été critiqués, comme peu bénéfiques pour l'environnement et réduisant les productions alimentaires. Mais vont apparaître dans les 5-10 prochaines années des biocarburants de seconde génération, tirés de l'herbe, des arbres et des déchets de biomasse, qui pourront surmonter ces critiques, selon l'AIE.

Dans le scénario le plus optimiste, ces biocarburants représenteront 700 millions de tonnes d'équivalent pétrole, soit 26% du carburant consommé en 2050.
La part des énergies renouvelables passera dans ce scénario de 18% actuellement (en incluant l'hydro-électricité) à 46% en 2050, avec 19.000 TWh (térawatt-heure): 5. 000 TWh chacun pour l'hydro-électricité, le solaire et l'éolien, et 4.000 d'autres sources.

En résumé "une révolution énergétique". Et si rien n'est fait que les politiques actuelles, les émissions augmenteront de 130% d'ici 2050 et la demande en pétrole de 70%. "Il faut un virage majeur des politiques gouvernementales et une coopération sans précédent entre les plus grandes économies mondiales", résume l'AIE.

Ceci pour atteindre l'objectif le plus ambitieux de l'IPCC : réduire de moitié les émissions, c'est-à-dire contenir à moins de 2,4 degrés le réchauffement de la planète, et éviter que d'immenses régions de la terre ne se retrouvent immergées.

Les dirigeants du G8 ont accepté d'envisager ce scénario "Bleu", par rapport au scénario "Act", plus modeste, consistant seulement à stabiliser les émissions au niveau actuel. "Bleu ne pourra être réalisé que si le monde entier participe pleinement", selon l'AIE

Stabiliser les émissions pourra être réalisé par des économies d'énergie et une production énergétique sans émissions, ceci pour un coût de 50 dollars par tonnes de CO2 émis -- soit l'équivalent 20 dollars supplémentaires par baril de pétrole.

Pour réduire les émissions des moitié il faudra en outre accroître les énergies renouvelables (21% de réduction), capter et stocker le CO2 (19%) et développer le nucléaire et l'efficacité énergétique (24%), ce qui coûtera nettement plus cher -- jusqu'à 200 dollars par tonne de CO2 (+80 dollars par baril de pétrole) voire au pire, sans progrès technologiques -- 500 dollars/tonne de CO2 soit +200 dollars par baril de pétrole.

Notamment, l'AIE réclame 7.000 milliards pour l'innovation, soit plus de 100 milliards par an de recherche et développement.

Si aucune mesure nouvelle n'était prise, la température mondiale pourrait monter de 6 degrés en 2100, avec des conséquences dramatiques pour tous les pays.

Actuellement les énergies renouvelables représentent 13% de l'énergie primaire (dont 90% est du bois de chauffage ou autre élément de biomasse pour cuisiner et se chauffer), les biocarburants ne représentent que 2% des carburants mondiaux, l'hydro-électricité 16% de la production électrique mondiale, et l'éolien, le solaire et la biomasse ensemble seulement 2% de la production électrique.

Pour l'AIE les avions, camions et bateaux peuvent sans grandes dépenses consommer 20% d'énergie en moins. Et l'agence compte sur le fait que l'une ou l'autre des deux options d'avenir pour l'automobile - les voitures électriques que l'on charge en branchant sur un réseau ou le recours aux piles à combustible - deviendra très largement majoritaire en 2050.

Il faudrait enfin que 30% des centrales thermiques soient équipés de systèmes de capture et stockage du CO2, une solution indispensable, selon l'AIE.

En millions de tonnes de CO2 dégagées dans l'atmosphère, alors que le monde émet environ 28 milliards de tonnes par an actuellement, le scénario d'inertie aboutit à 62 milliatds de tonnes en 2050, quand le scénario "Bleu" est de 14 milliards de tonnes.

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mardi 27 mai 2008

Les centres de données polluent déjà plus que l’Argentine

Les centres de traitement de données (data centers) qui se multiplient dans le monde produisent déjà davantage d’émissions de CO2 que l’Argentine ou les Pays-Bas, selon une étude-choc du cabinet McKinsey et de l’Uptime Institute, un institut spécialisé dans les centres de données.

30% des serveurs ne servent à rien, les capacités sont surdimensionnées, la température bien plus froide que nécessaire… Si la gestion des centres n’est pas radicalement améliorée, leurs émissions quadrupleront d’ici 2020, et dépasseront celles des avions.

Actuellement, les centres de données, ces vastes hangars réfrigérés où sont alignés des milliers de serveurs (ordinateurs à grande capacité), abritent déjà plus de 30 millions de serveurs dans le monde et leur nombre devrait atteindre 41 à 43 millions en 2010. Aux Etats-Unis, leur nombre croît de 13% par an et devrait atteindre 15 millions en 2010. Leur augmentation est bien plus rapide par exemple en Chine.

Les grandes entreprises multiplient les méga-projets de plusieurs centaines de millions de dollars, comme IBM, Google, ATT, Citibank, HP, Microsoft et Facebook. Plus généralement, 90% des grandes entreprises comptent agrandir leurs centres de données dans les trois ans.

Pourtant, McKinsey estime que 30% de ces serveurs sont « morts » (jamais utilisés, même aux heures de pointe) et qu’en moyenne 56% seulement des capacités des centres sont réellement utilisées.

Les centres, typiquement de 10.000 ou 20.000 serveurs, coûtent très cher en électricité : leur facture énergétique croît de 16% par an, et devrait passer de 6,5 milliards de dollars en 2004 à 9,3 milliards en 2008, 10,6 milliards en 2009 et 11,5 milliards en 2010. Grosso modo, les centres représentent un quart des dépenses IT des grandes entreprises

Et leurs émissions augmentent tout aussi vite : en 2007, elles se sont élevées à 170 millions de tonnes de CO2, soit 0,3% des émissions mondiales, contre 0,6% pour les transports aériens, 0,9% pour les transports par bateaux et 1% pour les aciéries.

C’est davantage que les émissions de l’Argentine (142 millions de tonnes de CO2 émises), des Pays-Bas (146 millions de tonnes) et presque autant que la Malaisie (178 millions de tonnes).

A titre de comparaison, un data center moyen consomme autant d’électricité que 25.000 logements.

La consommation d’énergie des centres a doublé entre 2000 et 2006, et l’énergie supplémentaire dont auront besoin les nouveaux centres de données aux Etats-Unis entre 2008 et 2010 représentera l’équivalent de 10 centrales électriques moyennes.

Leur consommation d’énergie va d’ailleurs croître plus vite que le nombre de serveurs. Et sauf réforme radicale de leur gestion, leurs émissions vont quadrupler d’ici 2020, passant de 170 millions de tonnes en 2007 à 670 millions en 2020 (+11% par an), dépassant celles des avions.

Pour « révolutionner » la gestion des centres, particulièrement inefficace selon McKinsey, l’étude propose d’éliminer tous les serveurs morts, d’installer les centres dans les régions froides (ce que font actuellement de plus en plus d’entreprises qui optent pour l’Islande ou même la Sibérie), de choisir des modes de refroidissement plus économes que l’air réfrigéré (l’eau, par exemple), de relever des températures inutilement trop froides, de choisir des sources d’énergie plus propres, etc. Et de nommer un "responsable énergie" chargé de surveiller les dépenses des centres, car jusqu’ici les directions financières ne s’en mêlent jamais.

Autre élément qui peut vite améliorer la situation : la virtualisation des serveurs (l’installation de logiciels permettant d’utiliser n’importe quel serveur libre) permettrait de diminuer leur nombre de 65%.

Il est à la portée de toutes les entreprises, affirme McKinsey, exemples à l’appui, de doubler l’efficacité énergétique de leurs centres. Pour cela, il propose un nouvel outil de mesure de l’efficacité des centres, qui met en rapport la consommation d’énergie et le taux d’utilisation du centre.

- Téléchargez l'intégralité de l'étude
Sur le même sujet: "Les nuisances insoupçonnées de l'industrie informatique", par Harold Esche, responsable des technologies de l’information de l’université canadienne de Calgary.


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samedi 24 mai 2008

Avis d'expert : les nuisances insoupçonnées de l'industrie informatique...

Les technologies de l’information sont responsables de plus d'émissions de CO2 dans le monde que toute l'industrie aérienne ! C'est le constat de Harold Esche, responsable des technologies de l’information de l’université canadienne de Calgary.

"D'après les estimations, les data centers consomment 1,5% de l’électricité produite dans le monde", écrit-il. La moitié sert à refroidir les ordinateurs. A cela s’ajoute l’électricité nécessaire aux innombrables processeurs situés en-dehors des centres. Sa conclusion ? L'industrie de l'informatique émet plus de CO2 que toute l'industrie aérienne...

Mais ce n’est pas le seul impact des NTIC sur l’environnement. Si on prend en compte le cycle de vie global, il faut intégrer les process de fabrication et la gestion du matériel informatique - renouvelé en moyenne tous les 3 à 4 ans - en fin de vie.

Sans oublier le papier : "on estime que chaque personne exerçant une profession intellectuelle utilise des ordinateurs et des imprimantes pour générer environ 1 000 pages par mois", selon Harold Esche. La production de papier de 500 universités de la taille de celle de Calgary permettrait de relier la lune…

Comment réduire l’impact des technologies de l’information sur l’environnement ? Les nouveaux serveurs et les technologies de refroidissement peuvent permettre de baisser de manière significative la consommation d’électricité dans les centres de données.

Autre piste : une utilisation plus raisonnable des ordinateurs, par exemple en évitant les économiseurs d’écran au graphisme trop sophistiqué.

Au-delà de ces mesures, les NTIC sont aussi pour Harold Esche une solution aux problèmes environnementaux. Comment ? En permettant de diminuer l’impact d’autres activités. Par exemple en aidant à mieux mesurer l’empreinte carbone ou à gérer de manière plus économe la température ou la lumière dans les bâtiments. Ou encore en évitant des déplacements très néfastes en termes de CO2 grâce à l’essor des outils collaboratifs à distance.
Sur le même sujet, lire aussi "Les centres de données polluent déjà plus que l'Argentine"(
(Photo : DR)

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jeudi 22 mai 2008

Avis d'expert : pour le climat, tout se jouera en Chine


La Chine, bientôt ou déjà plus gros pays émetteur de CO2 du monde, possède aussi le plus impressionnant potentiel mondial d’énergies renouvelables, grâce à son soleil, ses déserts, au vent et à ses barrages qui se multiplient.

Le pays prévoit grand dans ce domaine, mais il faudra l’aider à financer ces énergies propres, presse Eberhard Rhein, analyste de l’European Policy Centre, un think tank de Bruxelles, après les récentes réunions UE-Chine à Pékin, largement consacrées au climat.

"Si ce n’est déjà fait, comme l’affirment plusieurs études, la Chine va dépasser les Etats-Unis comme premier pays émetteur de CO2, conséquence de son boom économique, alors que les émissions des Etats-Unis se stabilisent.

La Chine et les USA produisent déjà 40% du CO2 mondial. La Chine n’a donc pas le choix, et a annoncé en 2004 vouloir en 2020 que 15% de sa consommation d’énergie provienne d’énergies renouvelables. Presqu’autant que les 20% que s’est fixé l’Union européenne.

Il lui faudra pour cela d’énormes investissements : 100 milliards d’euros par an entre 2008 et 2020.

Ses réserves nationales de charbon devraient suffire à satisfaire sa demande intérieure pour les prochaines 50 années. Mais le pays est déjà importateur net de charbon. Et au vu de ses faibles ressources en gaz et en pétrole, Pékin est obsédé par le spectre de l’augmentation de sa dépendance énergétique – comme les Etats-Unis et l’UE.

Elle est en revanche très bien pourvue en énergies renouvelables. Voici une estimation du potentiel de ses trois principales ressources:
• Solaire 1000 TW (Terawatts)
• Eolien :1 TW
• Hydro-électricité: 0,7 TW

Son énorme potentiel solaire suffirait à satisfaire ses besoins énergétiques pour l’éternité avec plus de 2.200 heures de soleil par an dans les deux-tiers de son territoire, dont d’énormes étendues désertiques.

Mais elle ne prévoit pas pour l’énergie solaire d’investissements à grande échelle, en raison des problèmes de stockage, qui ne sont toujours pas résolus, et d’une moindre grande expérience technologique que dans l’éolien et l’hydroélectrique.
Dans le futur proche, la Chine va plutôt se concentrer sur l’éolien et l’hydro-électricité, dont elle maîtrise bien la technologie.

Ses réserves hydro-électriques sont plus importantes que celles d’aucun autre pays. Les barrages, grands et petits, se multiplieront dans les prochaines années.
La fonte prévisible des glaciers de l’Himalaya dans les décennies à venir forcera la Chine (tout comme l’Inde, le Pakistan et le Bangladesh) à remplacer au maximum les stockages naturels que fournissaient les glaciers par des barrages.

L’énergie éolienne va également augmenter rapidement : les capacités installées actuellement en Chine ne sont que de 1,3 GW, moins de 2% de celles en place dans l’UE.

Elle a aussi commencé à investir dans les technologies du « charbon propre ». En mars 2008, elle a signé un accord de coopération avec l’Australie pour installer une usine pilote pour le piégeage et le stockage du carbone (technologies CSS).

Si ce test réussit, elle veut rendre obligatoire ces technologies CSS pour toutes les nouvelles centrales au charbon, si d'autres pays comme l’Australie, les Etats-Unis, l’UE et la Russie le décidaient eux aussi.

Cela marquerait une avancée importante dans la réduction des émissions de CO2. Mais comme l’électricité tirée du charbon deviendrait plus chère à produire, de telles mesures ne sont guère probable avant 2020.

La Chine veut aussi accroître sa production d’énergie nucléaire, mais prudemment.

Que devrait donc faire l’UE pour encourager la Chine dans ses efforts de réduction des émissions de CO2 ?

D’abord, engager un dialogue bilatéral régulier avec la Chine, ce qui pourrait aussi pousser les Etats-Unis à faire d’avantage dans ce domaine.

Ensuite, soutenir les investissements dans le cadre du mécanisme de développement propre (CDM) instauré par le Protocole de Kyoto.

Les entreprises de l’UE sont déjà impliquées dans quelque 500 projets en Chine portant sur l’efficacité énergétique et les énergies renouvelables. Ils représentent des investissements totaux de 5 milliards d’euros, ce qui peut sembler beaucoup mais n’est qu’une goutte d’eau dans les 100 milliards d’euros dont la Chine a besoin d’ici 2020.

L’UE doit donc aider à abonder amplement le futur “Clean Development Fund”.

Enfin, elle doit accélérer la création d’un Institut des énergies renouvelables (Institute for clean and renewable energy, ou ICARE) et y faire participer les grands centres de recherches et entreprises européens.

Parmi ses priorités, l’Institut devra promouvoir les bâtiments économes en énergie en Chine, qui construira en masse dans les années à venir".

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mardi 20 mai 2008

Réduire d’un quart les émissions de CO2 ? Facile, selon McKinsey

Sans changer de mode de vie, quasiment sans rien payer, des pays comme l’Allemagne, les Etats-Unis et le Royaume-Uni peuvent réduire de 25% leurs émissions carbone en 2020, et même de 70% pour l’Australie, selon le cabinet McKinsey. Coût : 170 milliards de dollars -- 0,4% du PIB mondial -- , dont 28 milliards en Chine, mais qui seront vite auto-remboursés par une moindre consommation d'énergie. A condition de démarrer immédiatement.


La moitié des fonds devront être dépensés dans les industries, un quart dans les logements et un quart dans les transports et le commerce.
Mieux encore, les mesures à prendre seront rentables : il s’agit pour la plupart d’économies d’énergie –meilleure isolation des bâtiments, appareils électriques et machines-outils plus économes, systèmes de chauffage ou d’air conditionnés plus efficaces -- qui allègeront la facture énergétique.

A plus long terme cependant, ces efforts ne suffiront pas. Il faudra aussi des décisions plus coûteuses de lancement de nouvelles technologies, changement de comportements des consommateurs et lutte contre la déforestation.

L’IPCC (Intergovernmental Panel on Climate Change) a recommandé de réduire les émissions de carbone de 90%, de 50 milliards de tonnes actuellement à 5 à 10 milliards - voire moins - d’ici 2050, afin de limiter le réchauffement climatique à 2 degrés centigrades.

McKinsey calcule que si les Etats-Unis ne faisaient rien (scénario « business as usual »), leurs émissions passeraient de 6 milliards de tonnes actuellement à 9 milliards en 2030.

Ils pourraient au contraire réduire leurs émissions annuelles de 3 à 4,5 milliards de tonnes s’ils adoptent systématiquement des mesures qui leur coûteront moins de 50 dollars par tonne : accroître l’efficacité des véhicules, promouvoir des biocarburants de seconde génération, améliorer la gestion des émissions de gaz méthane des mines de charbon, accroître les cultures sous serre en hiver, planter de nouvelles forêts et installer des champs d’éoliennes dans les régions venteuses.

Au Royaume-Uni et en Allemagne, le scénario « business as usual » ne produirait pas une aussi forte augmentation d’émissions qu’aux Etats-Unis, mais ces deux pays pourraient eux aussi réduire considérablement leurs émissions, d’environ 230 millions de tonnes au Royaume-Uni et 290 millions de tonnes en Allemagne, pour un coût d’environ 40 euros par tonne.

L’Australie pourrait elle les réduire de 560 millions de tonnes (contre 800 millions de tonnes en 2030 si le pays ne faisait rien), notamment en remplaçant les centrales thermiques à charbon par des sites qui piègent le dioxyde de carbone.
McKinsey note que bien des mesures d’économies d’énergies (ampoules plus efficaces, isolation, etc.) non seulement réduiraient les émissions de plus de 10% mais « paieraient pour elles mêmes » via une moindre facture énergétique.

Par exemple, les industries allemandes pourraient réduire leurs émissions de 30 millions de tonnes par an en 2020 grâce à des machines-outils et des moteurs plus économes.

Pourquoi donc, si ces techniques sont rentables, consommateurs et entrepreneurs ne les ont-ils pas encore adoptées ? Par manque d’information et inertie, selon le cabinet, manque de produits sur le marché (par exemple, des voitures économes parmi les gammes les plus populaires).

Les consommateurs hésitent aussi devant l’investissement de départ s’il n’est pas amorti dans les deux ans, par exemple les coûts pour isoler une maison. Par manque aussi d’incitations pour les promoteurs immobiliers, par exemple, à isoler davantage que le minimum requis.

Pour aller plus loin que cette réduction des émissions pour 2020, et atteindre les 90% de réduction préconisés d’ici 2050, il faudra frapper bien plus fort, avertit en revanche McKinsey, et cela coûtera bien plus cher.

Par exemple, en Allemagne, réduire la consommation d’énergie d’un logement de 25 litres-équivalent-pétrole par mètre carré à 7 litres est rentable en soi. Mais passer à 2 litres pourrait coûter jusqu’à 700 à 1.000 euros par tonne d’émission carbone réduite.

De même, il est possible d’installer des éoliennes dans des régions moins venteuses, des panneaux solaires dans des zones moins ensoleillées, mais le coût par tonne de CO2 montera à 100 euros.

Subventionner les voitures hybrides, autre choix possible, sera également coûteux, tout comme l’installation de systèmes de piégeage du carbone.

Autre nécessité, arrêter la déforestation, responsable de 10 à 30% des émissions actuelles, les réduirait de 7 milliards par an environ. Il faut réussir à trouver dans les pays tropicaux des réglementations ou incitations adéquates pour l'éviter.

Incitations et régulations devront aussi changer les comportements des consommateurs : les pousser à voyager moins, acheter des voitures plus petites, utiliser davantage les transports en commun débrancher les appareils, etc.

McKinsey plaide aussi pour une forme de taxe-carbone mais souligne les dangers de perte de compétitivité sans système global. Par exemple une taxe carbone de 20 euros par tonne en Europe augmenterait de 15 le prix de l’acier européen, qui ne serait plus compétitif.

La conclusion du cabinet : ces solutions sont faisables, en en bonne partie indolores, pourvu que l’on commence dès maintenant et non pas en 2015.

A noter que cette étude repose sur un prix du baril de pétrole à 50 dollars : le baril dépassant actuellement les 125 dollars, ses chiffres sont faussés. Les mesures d’économies d’énergie seront en fait bien plus rentables, mais le coût des projets additionnels risquent d’être supérieur.


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jeudi 15 mai 2008

Le marché du CO2 décolle

2007 restera comme l’année de l’envol du marché du carbone : le montant des transactions a doublé en un an pour dépasser les 64 milliards de dollars, selon le bilan annuel de la Banque mondiale.

(cliquer pour agrandir)

L’Europe réalise la plus grosse part : 50 milliards de dollars, soit 2 milliards d’équivalent CO2 échangés.

Qui achète ? Les entreprises privées ont réalisé 79% des transactions (en volume), devant les institutions financières qui s’intéressent de près aux perspectives de développement des marchés secondaires.

Derrière l’Europe, le Japon accroît également ses investissements, avec une part de marché de 11% en 2007, contre 6% en 2006.

Les mécanismes de développement propre (MDP), lancés dans le cadre du protocole de Kyoto et destinés aux industriels ou Etats occidentaux désireux de financer des actions dans les pays émergents, progressent aussi : ils atteignent 12,8 milliards en 2007, contre 6,2 milliards l’année précédente. 73% des projets de MDP sont localisés en Chine.

Mais le marché des MDP souffre d’un engorgement important : 3000 demandes d’agrément pour des projets variés (installation d’éoliennes, captage et stockage de CO2…) ont été déposées. 2 000 d’entre elles sont en attente de réponses avec un délai qui atteint souvent deux ans. La lourdeur des procédures administratives mises en place par les Nations Unies et le manque d’administrateurs expliquent cet embouteillage préjudiciable à l’essor des projets MDP.

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dimanche 11 mai 2008

Avis d’expert : il faut une taxe-carbone !

Taxer les combustibles fossiles en fonction de leurs émissions de CO2 ? Ce serait un aiguillon pour les chercheurs et pour les consommateurs, plaide Jean-Charles Hourcade,
directeur du Centre international de recherche sur l’environnement et le développement (Cired), directeur de recherche au CNRS et directeur
d’études à l’EHESS.
Alors que le projet de loi « Grenelle de l’environnement » prévoit la mise à l’étude
d’une « contribution climat-énergie » intégralement compensée, il défend cette "idée d'avenir".

Elle aurait, selon lui, deux grands avantages :
- Inciter les industriels à développer la recherche sur des techniques peu carbonées, dont la diffusion permettrait d’en faire baisser peu à peu le coût.
- Pousser les citoyens dans leurs choix futurs en termes de logement (prise en compte de l’isolation…), d’équipements et de modes de transports.
Pour Jean-Charles Hourcade, la taxe-carbone doit se faire à pression fiscale constante. Sa mise en œuvre va de pair avec une baisse des cotisations sociales.

Elle permettrait aussi d’élargir l’assiette des prélèvements en touchant des revenus non salariaux (rentes immobilières…). Les fonds ainsi collectés bénéficieraient à la recherche mais aussi à notre système de protection sociale.

Mais la taxe-carbone peut avoir des effets pervers. Elle pèserait sur la compétitivité de certaines industries - en l'absence de contraintes identiques dans tous les pays - et sur le pouvoir d’achat des bas revenus. Jean-Charles Hourcade propose des solutions pour éviter ces impacts négatifs :
- Mettre en place des abattements à la base pour les industries très exposées à la contrainte carbone et ne bénéficiant pas suffisamment de la baisse des cotisations sociales ou renforcer l’expérience européenne de marchés de permis négociables.
- Instaurer des mesures spécifiques pour les ménages à bas revenus : crédits d’impôt permettant d’exonérer les besoins de base (ex : 4500 kilomètres de déplacement automobile par an), aides financières et techniques à l’efficacité énergétique des bâtiments.

Créer une taxe-carbone à l’heure de la flambée du prix du pétrole ne sera pas facile. Jean-Charles Hourcade propose d’instaurer une taxe faible destinée à croître à chaque baisse du prix de baril d’or noir, celui-ci connaissant des fluctuations constantes si l’on observe son évolution sur les 50 dernières années.

Le modèle suisse peut aussi servir d’exemple : le pays lie la taxe-carbone au respect d’une trajectoire de baisse de ses émissions de CO2 correspondant aux engagements pris dans le cadre du protocole de Kyoto. Résultat : pas de taxe si les objectifs sont respectés, une taxe renforcée dans le cas contraire.

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mardi 6 mai 2008

Avis d'expert : piéger le carbone, les pour et les contre

site norvégien de stockage de CO2
Tant les experts que les défenseurs de l'environemment sont divisés sur l'intérêt de piéger le dioxyde de carbone (C02).

D'un côté, des organisations comme le WWF et de nombreux gouvernements militent pour que les industries utilisent cette technique de stockage souterrain des émissions, mais Greenpeace et 112 organisations environnementales de 21 pays viennent de partir en guerre contre ces projets dans un document de 44 pages titré "Faux espoir" (en anglais).
"Capturer le carbone est une tricherie. C'est le rêve des industriels du charbon" selon Emily Rochon, spécialiste du climat chez Greenpeace International et auteur du rapport, pour qui cette technique risque seulement de maintenir les centrales au charbon en activité.

D'autres y voient une technique d'urgence utile: "capturer le carbone n'est pas la solution idéale mais elle nous offre un répit, selon Stephan Singer, responsable du climat au WWF. C'est une solution d'ugence".

Il rappelle que la Chine ouvre une centrale thermique au charbon par semaine et qu'il vaut mieux étudier comment piéger les gaz plutot que d'expérer que Pékin les ferme. L'Europe a actuellement 34 projets industriels de piégeage du carbone prévus.


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mardi 22 avril 2008

Avis d'expert : les risques de "délocalisations carbone" sont exagérés !

Brandir le spectre de délocalisations industrielles massives si la réglementation européenne sur les émissions de CO2 devient trop contraignante ou trop coûteuse par rapport à d'autres régions est très excessif.
C'est l'avis de John Smith, docteur en sciences économiques et spécialiste du secteur public, publié par le site Debat&co de l'Institut de l'entreprise.
Accéder à sa contribution

Alors que l'Union européenne doit adopter son paquet Climat Energie dans les prochains mois, les industriels montent au créneau pour éviter des mesures trop drastiques qui les pénaliseraient par rapport à leurs concurrents implantés dans des pays plus laxistes. Economiste du secteur public, John Smith estime cependant que "le risque de fuite carbone lié à des pertes de compétitivité ou à des délocalisations est en réalité bien faible. La grande majorité des secteurs intensifs en carbone, tels que la production d’électricité ou les transports, sont fortement abrités de la concurrence internationale. Une hausse de prix d’un trajet Paris-Bruxelles ne nous fera pas opter pour un Paris-Pékin-Bruxelles… Quant aux quelques industries réellement exposées (sidérurgie, aluminium…etc), elles ne représentent plus aujourd’hui qu’une faible part de l’activité économique dans les pays développés".

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dimanche 13 janvier 2008

L'environnement tire l'économie mondiale


Les défis environnementaux sont une chance pour l'économie, selon un rapport publié par l'organisation Worldwatch Institute à Washington. 52 milliards de dollars ont été investis dans les énergies renouvelables dans le monde en 2006, 33% de plus qu'en 2005. En 2007, le chiffre devrait encore grimper pour atteindre 66 milliards de dollars. Le commerce lié au crédit carbone s'est lui élevé à 30 milliards de dollars en 2006. Certaines entreprises révolutionnent leur production tout en réalisant des économies substantielles, comme le géant de la chimie DuPont qui a fortement réduit ses émissions de gaz à effet de serre en économisant 3 milliards de dollars au passage. Reste une question aux yeux des experts du Worlwatch Institute : est-ce que l'innovation sera suffisante pour répondre aux défis ? Si ce n'est pas le cas, les conséquences du réchauffement climatique (inondations, diminution des ressources en eau...) pourraient entraîner une baisse de 8% du PIB mondial à la fin du siècle...
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