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Etudes, analyses, statistiques et avis d'experts internationaux sur les marchés de l'environnement
et des technologies vertes, ou "greentech"

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vendredi 11 juillet 2008

Vers un doublement des marchés et des emplois des greentech en France en 2012

Les marchés des énergies renouvelables et de l’amélioration énergétique pourraient atteindre 70 milliards d’euros en France en 2012, si on se base sur les objectifs du Grenelle de l’environnement. Ce qui représenterait un doublement du marché, qui a atteint un pic de 33 milliards d’euros en 2007, selon une étude publiée par l’Ademe.

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Les emplois directs devraient doubler, de 220 000 en 2007 à 440 000 en 2012. Avec 120 000 emplois dans les énergies renouvelables et 320 000 dans l'amélioration énergétique. Des chiffres en ligne avec d'autres récentes études européennes.

Le marché le plus dynamique dans les quatre prochaines années sera celui de la production pour les équipements d’énergies renouvelables, avec une croissance annuelle de 22% (aux prix constants 2007), selon les projections de l’Ademe. Quatre secteurs dépasseraient les 2 milliards d’euros en 2012 : les appareils de chauffage au bois, le photovoltaïque, l’éolien et les pompes à chaleur. Atteindre ces chiffres implique cependant une dépense annuelle moyenne de 5,3 milliards d’euros pour les ménages (systèmes de chauffage à base d’énergies renouvelables) et plus de 4 milliards d’investissement par an entre 2008 et 2012 de la part des producteurs d’énergies renouvelables.

Les activités liées à l’amélioration énergétique intégrées dans l’étude vont des équipements dédiés dans les logements existants aux transports collectifs en passant par les véhicules de classes A et B. Sur la base des objectifs du Grenelle de l’environnement, le marché de l’efficacité énergétique dans le secteur résidentiel serait le plus porteur avec une croissance de 19% par an d’ici à 2012, soit une très forte accélération par rapport à la période 2006/2007 où l’augmentation a été de 3 à 4% en volume. Cela nécessiterait une dépense annuelle moyenne de près de 15 milliards, à la charge essentiellement des ménages. A cela s’ajoutent les équipements de chauffage individuel liés aux énergies renouvelables (pompes à chaleur solaire thermique, appareils de chauffage au bois…) pour une dépense globale de 28 milliards d’euros en 2012.

Reste que ce scénario est soumis à des aléas : si le pétrole cher pousse les énergies renouvelables, le niveau de prix des solutions existantes est un frein. Surtout dans une conjoncture marquée par la faiblesse du pouvoir d’achat des ménages. Il faudra trouver des solutions de financement innovantes pour éviter ces écueils, souligne le rapport.

Le développement des éco-industries figure parmi les priorités du gouvernement. La secrétaire d'Etat à l'Ecologie, Nathalie Kosciusko-Morizet, et le secrétaire d’Etat chargé de l’industrie, Luc Chatel, viennent de mettre en place un comité stratégique des éco-industries dans le cadre du plan "écotech 2012". Objectif : que la France ne passe pas à côté de la «révolution verte». Le comité présentera ses propositions en novembre.

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mercredi 9 juillet 2008

Avis d'expert : le recyclage, un marché qui offre de belles perspectives

Plus discret que les énergies renouvelables, le recyclage attire aussi les investisseurs. Il offre de très belles opportunités, explique Jean-Pascal Tranié, président du directoire d’Aloe Private Equity,
l’un des fonds les plus actifs dans les greentech, qui réalise 40% de ses investissements sur ce marché, 50% dans les énergies propres et 10% dans l’agriculture durable. La flambée du prix des matières premières tire le secteur, en forte croissance partout, notamment en France et aux Etats-Unis.

GreenUnivers : Quels sont les atouts du recyclage pour un investisseur ?
Le marché bénéficie à fond de la flambée des prix des matières premières. Elle rend le recyclage très attractif, que ce soit pour les métaux, le plastique ou le papier. Tant que les prix resteront à un niveau élevé, le recyclage en profitera. La réglementation est un autre puissant levier : en Europe notamment, les contraintes se multiplient et la collecte des flux s’organise. C’est vital car elle n’est pas rentable et doit bénéficier d’un soutien public pour fonctionner. Enfin, les consommateurs, de plus en plus sensibilisés au développement durable, sont prêts à payer pour des produits recyclés.

GreenUnivers : Où se situent les principales opportunités ?
Beaucoup de produits sont déjà recyclés, comme le verre, le carton, les métaux, avec des process industriels calibrés… Mais il existe toute une catégorie de produits un peu plus élaborés que l’on ne recycle pas encore ou très mal, pour lesquels les technologies ne sont pas au point. Par exemple, on sait recycler certains plastiques mais pas les bouteilles en PET colorés, qui représentent la moitié des bouteilles sur le marché. L’enjeu est considérable : les brûler coûte cher en énergie et est néfaste pour l’environnement, si on les récupère, on économise 1 tonne de pétrole par tonne de plastique. Nous sommes entrés au capital, fin 2007, d’une société spécialisée dans ce domaine, Alpha PET.
Autre exemple, les batteries. Elles contiennent des métaux rares, comme le lithium ou le cobalt, dont la valeur a été multipliée par quatre en trois ans. Aloe a investi il y a deux ans dans une société de l’Isère, Recupyl, qui valorise la quasi-totalité de ces métaux grâce à un procédé d’hydrométallurgie, avec une dépense énergétique réduite. Les équipements électriques et électroniques, aujourd'hui recyclés en Europe, offrent aussi des perspectives : on sait récupérer les métaux, moins les plastiques, par exemple les emballages ou les portes de réfrégirateurs. A la collecte des flux, ils sont mélangés et donc difficiles à valoriser. Si on parvient à les séparer, on peut arriver à des prix de vente de 1000 à 1500 euros la tonne. Les innovations sont la clé pour ouvrir des marchés très rentables.

GreenUnivers : Le risque technologique est-il important ?
Il est clair que ce sont des process complexes et très longs à mettre au point. Avec de vraies technologies de rupture. Il faut rester prudent : ce qui fonctionne en laboratoire ne marche pas toujours au stade industriel.

GreenUnivers : Quels sont les pays les plus intéressants ?
L’Europe : la réglementation pousse le marché, la collecte est organisée et la tradition d’innovation y est forte, notamment en France, Allemagne, Scandinavie. L’Asie est aussi un marché très porteur, tiré par le besoin énorme de la Chine en matières premières. Même si la demande devait un peu faiblir, on part d’un tel niveau qu’elle restera soutenue. Et si la Chine faiblit, l’Inde prendra le relais.
(Propos recueillis par PL)

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mardi 8 juillet 2008

Nouveau bond des investissements dans les greentech au 2e trimestre

Les investissements de capital-risque dans les greentech dans le monde ont atteint 2 milliards de dollars au 2ème trimestre 2008, un niveau record, surtout dans l'énergie solaire thermique et les nouveaux biocarburants tirés de la cellulose ou des algues, selon le rapport trimestriel du Cleantech Group.




Au total ces investissements (provenant des fonds, des sociétés de capital-risque, des banques ou autres) ont augmenté de 58% par rapport au 2ème trimestre 2007 et de 48% par rapport au 1er trimestre 2008. Leur montant bat le précédent record de 1,8 milliard, enregistré au 3e trimestre 2007.

L'énergie solaire thermique (où la chaleur du soleil est utilisée pour créer de la vapeur qui fait tourner une turbine) a attiré 278 millions d'investissements, notamment pour des sociétés comme eSolar, BrightSource Energy et SkyFuel.

Si l'on y rajoute le rachat de Stirling Energy Systems par NTR pour 100 millions de dollars et les 165 millions levés par Solel, Infinia et eSolar au 1er trimestre, le secteur du solaire thermique, souvent un peu oublié, a levé 543 millions de dollars depuis le début de l'année.

Les biocarburants de 2e génération, tirés des algues ou de la cellulose notamment, ont levé 280 millions, dont 136 millions pour l'éthanol cellulosique et 84 millions pour les algues. Un reflet de la course à l'éthanol cellulosique aux Etats-Unis et de la surenchère dans le secteur des algues.

Une dizaine d'entreprises en ont profité, dont Range Fuels, Sapphire Energy -- société de biocarburant tiré des algues, qui a levé 50 millions, le record du trimestre -- , Mascoma (éthanol cellulosique), EdeniQ, Amyris Biotechnologies, Greenline Industries, Fulcrum Bioenergy, Gevo, GreenFuel Technologies et Aurora BioFuels.

Tous secteurs confondus, quelque 96 entreprises ont reçu des fonds, les américaines se sont taillées la part du lion, avec 74% des investissements (soit 1,5 milliard de dollars) contre 13% pour les européennes et israéliennes (257 millions), talonnées par les chinoises qui ont levé 12% de ces fonds (235 millions). Les entreprises indiennes n'en ont reçu que 0,6%, soit 11 millions.

A noter que les fonds d'investissement centrés sur les cleantech chinois ont eux levé 6,9 milliards de dollars pendant le trimestre, signe de l'intérêt croissant des fournisseurs de capitaux.

Les cinq plus gros investisseurs ce trimestre ont été Kleiner Perkins Caulfield & Byers, Foundation Capital, Quercus Trust, Khosla Ventures et Draper Fisher Jurvetson.

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lundi 7 juillet 2008

Investir dans l’éolien offshore ? Rentable, calcule KPMG

Investir dans un parc éolien offshore en Europe est d’ores et déjà rentable dans la plupart des pays, surtout en Grande-Bretagne, Espagne et France, et deviendra très rentable en Grande-Bretagne à partir de 2009, calcule le cabinet KPMG, au vu des tarifs payés aux entreprises qui fournissent de l’électricité aux différents réseaux nationaux de distribution.


Un constat encourageant, alors que les Européens rivalisent de projets d’éoliennes en mer. Investir dans l’éolien ? Rentable ! calcule KPMG

Au moment de la réalisation de l’étude (courant 2007) l’Europe comptait environ 1 GW de capacités d’éolien offshore, essentiellement au Danemark (436 MW) et Grande-Bretagne (404 MW).

Mais les tarifs payés aux fournisseurs d’électricité qui alimentent le réseau (y compris les parcs éoliens) varient en Europe du simple au double : 6,19 centimes par kWh en Suède, 6,95 centimes au Danemark, 9,1 centimes en Allemagne, 13 centimes en France, 12,03 à 16,4 centimes en Espagne et 13,49 centimes en Grande-Bretagne.

Des disparités qui expliquent que la Grande-Bretagne soit le plus dynamique marché de l’éolien offshore d’Europe, et qui le restera d’autant que le pays prépare une nette hausse des tarifs à partir de 2009, à 17,03 centimes par kWh, selon KPMG. La Frnce est aussi le 2e pays le plus attractif pour ce secteur.

Quand à l’Allemagne, pourtant pionnière mondial de l’éolien, elle n’offre plus de condition compétitive aux parcs offshore, même avec les subventions aux infrastructures prévues par les programmes d’aides aux énergies renouvelables.

La rentabilité des investissements dans l’éolien offshore varie ainsi en Europe (cf. graphique ci-dessus) de -5% en Suède à +19,5% en Grande-Bretagne). La France, avec une rentabilité de 11,8% est plutôt attrayante, ainsi que l’Espagne avec 11,4%. L’Allemagne en revanche n’offre aux éoliennes offshore qu’une rentabilité de 1,2% en moyenne, mais si elle applique les hausses de tarifs prévues (aux environ de 14 centimes par kwh dans le meilleur scénario), sa rentabilité passera à 8,8%


Le taux de rentabilité d’un investissement permet à un investisseur de choisir le secteur où miser, au regard du coût de son capital et de la rentabilité d’autres investissements concurrents.

KPMG récapitule aussi les parcs éoliens offshore installés et en projet -- mais l’étude a été réalisée avant les récentes annonces de la Norvège et de la Grande-Bretagne – ainsi que les différentes subventions et modèles tarifaires existants en Europe.

L’étude, qui repose sur les réponses d’une soixantaine d’entreprises européennes, souligne aussi que ces projets dépassent – de très loin -- les capacités des fabricants et installateurs européens d’éoliennes en mer.

L’étude intégrale (80 pages, en anglais) est téléchargeable ici.

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jeudi 3 juillet 2008

Les investissements dans les greentech vont tripler en 5 ans

Les énergies renouvelables et les technologies d’efficacité énergétique ne connaissent pas la crise financière : elles ont attiré 148 milliards de dollars de nouveaux investissements dans le monde en 2007, selon le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE). Soit un bond de 60% en un an.

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La croissance devrait continuer en 2008 : après un début d'année difficile, lié notamment à la restructuration du secteur de l'éthanol aux Etats-Unis, les investissements ont rebondi au deuxième trimestre. Et ce n'est pas fini ! Ils pourraient atteindre 450 milliards de dollars par an d'ici à 2012, un triplement par rapport à 2007, et plus de 600 milliards de dollars par an à partir de 2020, selon le rapport.

La flambée du pétrole, le soutien croissant des gouvernements dans le monde et les problèmes de sécurité énergétique attirent les fonds. L’énergie éolienne a capté les sommes les plus importantes l’année dernière, avec 50,2 milliards de dollars. Elle a dépassé les 100GW en mars 2008, au niveau mondial. Mais c’est le solaire qui progresse le plus vite : il enregistre un taux annuel moyen d’augmentation de 254% depuis 2004 pour atteindre 28,6 milliards de dollars de nouveaux capitaux l’année dernière. C'est lui qui a attiré le plus de capital-risque et capital-investissement (3,7 milliards de dollars).

Le volume total des capitaux dans les énergies durables a grimpé à 204,9 milliards de dollars, dont 98,2 milliards de dollars dans la nouvelle génération d'énergies renouvelables (l'éolien aux États-Unis, en Chine et en Espagne, notamment), 50,1 milliards de dollars sont allés dans le développement de la technologie et la fabrication à grande échelle, et 56,6 milliards de dollars ont été transférés a travers les fusions et les acquisitions.

Avec 31 gigawatts de nouvelle génération installée, les énergies renouvelables ont représenté 23% de la nouvelle capacité énergétique ajoutée au niveau mondial en 2007, environ 10 fois celle du nucléaire.

L'investissement dans les technologies d'efficacité énergétique a atteint un record de 1,8 milliard de dollars (+ 78% en un an). Le bâtiment, qui représente 40% des émissions de CO2, offre le plus grand potentiel pour les économies d'énergie.

Les nouveaux investissements sont surtout concentrés en Europe, suivie par les Etats-Unis. Mais le Chine, l’Inde et le Brésil attirent de plus en plus : 26 milliards de dollars en 2007, soit une hausse de 22%.

Accéder au document complet ici.

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mardi 1 juillet 2008

Boom des investissements dans la production de cellules photovoltaïques

Les investissements dans la production de cellules photovoltaïques seront, en 2010, aussi élevés que ceux de l’industrie des semi-conducteurs, selon une analyse du cabinet iSuppli.

La production mondiale de cellules photovoltaïques grimperait à 12 GigaWatts (GW) en 2010, contre 3,5 en 2007. Le marché devrait croître à un rythme annuel de 40% jusqu’en 2010, et de 20% au-delà.

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D'autres organismes font état de prévisions optimistes mais avec des projections légèrement différentes, comme l'European photovoltaic industry association (EPIA) : dans un scénario de soutien public à la filière, elle anticipe un marché du photovoltaïque cinq fois plus gros en 2012 qu'en 2007 (voir graphique ci-dessus).


En 2010, il devrait y avoir dans le monde environ 400 sites pouvant produire chacun au moins 1 MegaWatt (MW) de cellules photovoltaïques par an, quatre fois plus qu’en 2007. Des usines capables de produire l’équivalent d’1 GW par an devraient aussi apparaître pour répondre aux besoins du marché.

Cela nécessitera de gros investissements : chaque usine de cellules photovoltaïques coûtera au moins 500 millions de dollars, avec environ 1.000 salariés, pour un chiffre d'affaires annuel de 1 milliard par an, voire plus. Des chiffres comparables à ceux des usines de semi-conducteurs.

Les investissements sont déjà en forte hausse : selon l'European photovoltaic industry association (EPIA), ils ont atteint 1,3 milliard d'euros dans le monde en 2007. Et ce n'est pas fini ! Le groupe norvégien REC (Renewable energy corporation), l'un des leaders mondiaux des cellules photovoltaïques, vient d'annoncer un méga-investissement de 1,6 milliard d'euros dans la première tranche d'un site industriel à Singapour. Le projet total s'élèvera à 3 milliards de dollars avec 3.000 salariés pour fabriquer des panneaux solaires et des "galettes" de silicium qui, coupées en fines tranches, donnent naissance aux cellules photovoltaïques.

Plusieurs facteurs attisent la demande sur le photovoltaïque : la flambée du prix du pétrole et du gaz bien sûr, mais aussi l’augmentation de la demande mondiale en électricité. La planète aura besoin de trois à quatre fois plus d’électricité dans les 50 prochaines années pour répondre à la croissance de la population et de l’économie. Et les énergies renouvelables doivent occuper une place de plus en plus importante dans le mix énergétique des pays.

L'Europe, par exemple, s'est fixée en 2007 un objectif de 20% d’énergie d’origine renouvelable en 2020. Aux Etats-Unis, selon un récent rapport de Clean Edge, 10% de l’électricité consommée en 2010 devrait être d’origine solaire.

Parallèlement, les prix des cellules photovoltaïques vont progressivement diminuer. Des fabricants comme REC ou l'allemand Q-Cells estiment que leur coût pourrait baisser de 40% entre 2006 et 2010. Dans les pays très ensoleillés, l’électricité d’origine photovoltaïque pourrait être au même prix que l'électricité traditionnelle dès 2012. Dans les autres pays, la parité serait atteinte en 2018.

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samedi 28 juin 2008

Les "super-riches" investissent leur argent dans le "green"

De plus en plus de "super-riches" (ces 10 millions de personnes sur Terre qui possèdent plus d'un million de dollars à placer) et d'"ultra-riches" (les 100.000 qui ont plus de 30 millions) financent des entreprises des secteurs de l'environnement, séduits tant par l'idée d'investir utile que par la perspective de gros profits, selon l'étude annuelle de Merrill Lynch et Cap Gemini sur les comportements des plus riches du monde, qui ensemble détiennent 40.000 milliards de dollars.

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Début 2008, le milliardaire Richard Branson réunissait sur son île des Caraïbes, Necker Island, des dizaines de grands patrons et leaders mondiaux pour discuter d'opportunités d'investissements dans les greentech, qui seraient à la fois rentables et utiles pour l'environnement.Un signe de la popularité du secteur auprès des grandes fortunes.

Grosso modo, 12% des "super-riches" et 14% des "ultra-riches" ont placé une partie de leurs fonds dans le secteur du "green". Leur proportion est plus importante encore (17%) au Moyen-Orient (où l'émirat d'Abou Dhabi a lancé le projet colossal de construire la toute première métropole à émissions zéro), ainsi qu'en Europe, où le taux de participation va de 17% à 21%.

En revanche, le taux est nettement plus bas en Amérique du Nord (5% à 7%), la région qui héberge le plus grand nombre de très riches.

A noter que près de la moitié des riches citent comme première raison de miser sur le "green" non pas des préoccupations environnementales, mais d'abord les profits espérés.

Globalement, le secteur des greentech a attiré 117 milliards de dollars d'investissements en 2007, toutes origines confondues (+41% en un an), dont l'immense majorité dans le solaire et l'éolien. Deux secteurs où se sont multipliées les introductions en Bourse, certaines géantes comme celle du groupe espagnol Iberdrola Renovables, qui a levé 6,5 milliards de dollars.

Sur ce total, les venture capitalists ont investi 5,2 milliards (+44%), dont 3,9 milliards en Amérique du Nord et 1,8 milliard dans la seule Californie. Une bonne partie des capitaux des VC viennent de riches individus, qui ont aussi acheté beaucoup plus d'actions d'entreprises "vertes" l'an dernier que les années précédentes.

Les riches restent cependant fidèles à leurs passions: les yachts, Ferrari, tableaux de prix, bijoux et autres objets de grand luxe gardent pour eux tout leur charme, surtout auprès des nouveaux milliardaires qui fleurissent en Russie et dans les autres pays émergents.

L'intégralité du World Wealth Report 2008 (en anglais) est ici

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lundi 23 juin 2008

Floraison d’indices boursiers “verts”

Signe de l'intérêt des grands investisseurs comme des petits porteurs, les indices qui suivent les cours des entreprises des greentech ont fleuri ces derniers mois, alimentant les échanges en plein essor autour des produits financiers qui y sont adossés. Car les retours sur investissement peuvent être spectaculaires, souvent plus de 30% par an.



Cette semaine sont nés deux nouveaux indices : le FTSE – groupe détenu par le Financial Times et la Bourse de Londres, qui gère plusieurs indices dont le FTSE 100 – s’est allié au fonds d’investissement spécialisé dans les greentech Impax pour créer le FTSE Environmental Opportunities All-Share Index.

Il regroupe 450 sociétés dont plus de 20% des revenus viennent de secteurs comme les énergies renouvelables, la gestion des déchets, les économies d’énergie, le traitement des eaux, etc.

Déjà en 1999, Impax et FTSE avaient lancé le FTSE ET50, qui suit les 50 plus grosses valeurs « pure-players » des greentech, et qui a affiché un retour sur investissent de 31,7% sur 5 ans contre 19,7% pour le FTSE Global All Cap Index.

Ces indices comprennent de grosses sociétés comme le danois Vestas, leader mondial des éoliennes, le fabricant chinois de cellules photovoltaïques SunTech Power et son rival américain First Solar, ainsi que les sociétés espagnoles Gamesa et Iberdrola Renovables.

Autres nouveaux venus, les indices lancés par l'opérateur boursier américano-scandinave Nasdaq OMX pour suivre le marché du carbone, un marché né en Europe et qui ne cesse de croître.

Mais d’autres s’efforcent déjà d’occuper le terrain.

En janvier, la banque UBS a elle aussi lancé un indice pour surveiller les prix du carbone, ainsi que Barclays Capital.

Plus ambitieuse, l’agence de notation Standard & Poor’s a lancé début 2008 un indice tourné vers l’environnement, le S&P Eco, qui suit les 30 plus grosses sociétés du secteur de l’environnement, réparties dans une douzaine de pays en Asie, Europe et Amérique.

Il s’ajoute à une série d’indices déjà créés par l’agence, très présente sur le secteur. Fin février 2007, S&P a lancé trois indices spécialisés : le S&P Global Clean Energy Index, qui mesure les 30 plus grosses valeurs mondiales (actuellement la première est MEMC Electronic Materials, fabricant de wafers de silicium), le S&P Global Water Index (composé d’un panier de 50 grandes entreprises, la première étant le français Veolia) et le S&P Global Infrastructure Index (avec 75 grosses sociétés d’infrastructures, la plus importante de la liste étant l’espagnole Abertis).

A citer aussi un pionnier, l’homme d’affaires Robert Wilder, fondateur du groupe WilderShares, qui a lancé un indice « green » dès 2004, et en 2006 un autre plus ciblé, le WilderHill Clean Energy Global Innovation Index (cf graphique ci-dessus), en partenariat avec New Energy Finance.

Autre indice reconnu, celui de la firme de Boston KLD, le KLD Global Climate 100 Index.

Plus pointus, le Ardour Solar Energy Index et le Claymore MAC Global Solar Energy Index suivent les valeurs du solaire, et le Palisade Water Index qui suit le secteur de l’eau. Ou encore le Ludlow Energy SmallCap Index, l’un des rares qui traquent les petites valeurs des greentech.

La banque d’affaires Merrill Lynch a lancé en 2007 un indice original basé sur la demande plutôt que sur l’offre, l’Energy Efficiency Index (EEI) : il couvre 40 grands groupes non pas fournisseurs du secteur, mais qui bénéficieront d’une amélioration de leur efficacité énergétique. La banque possédait déjà divers indices centrés sur les valeurs "vertes" comme le Merrill Lynch Renewable Energy Index.

En Europe, le Renewable Energy Industrial Index, créé en 2006 par le groupe d'information allemand IWR, suit les 30 plus grosses valeurs mondiales du secteur greentech. La Société Générale a elle lancé récemment un certificat, le SGI Global Environment.

De même, plusieurs organisations américaines de recherche et d'informations, comme le groupe Clean Edge ainsi que le groupe Cleantech ont eux aussi lancé leurs propres indices depuis 2 ans: le NASDAQ Clean Edge U.S. Index créé en 2006 en partenariat avec le Nasdaq, regroupe une soixantaine de valeurs du secteur, et le Cleantech Index suit 46 leaders du secteur (à condition qu’ils tirent plus de la moitié de leurs revenus des greentech)

Enfin au Canada l'opérateur boursier TSX a mis en place un indice des 50 plus grosses valeurs du secteur cleantech cotées au Canada. La première en taille est actuellement la firme chinoise Zongshen PEM Power Systems, qui fabrique des vélos électriques, suivie de Questor Technology, fabricant d’incinérateurs de déchets, et de NaiKun Wind Energy, qui va créer une centrale éolienne offshore au large de la Colombie britannique.

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samedi 21 juin 2008

2% du PIB français consacré à l'environnement

La France a dépensé 36,2 milliards d’euros dans des actions de lutte contre la dégradation de l’environnement, la prévention et l’élimination des pollutions en 2006, un chiffre en hausse de 4,2%. Soit 2% du PIB, selon le bilan annuel de la Commission des comptes et de l’économie de l’environnement. La gestion des eaux usées représente le plus gros poste (12,1 milliards) devant la gestion des déchets (11,6 milliards).

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La part des dépenses liées à l’environnement dans le PIB est stable depuis 2002, alors qu’elle avait augmenté continuellement entre 1990 et 2002.

Les administrations publiques, les entreprises et les ménages financent environ un tiers chacun de la dépense totale (voir graphique ci-dessous). En revanche, l’initiative des dépenses est moins bien répartie : les administrations publiques sont responsables des deux tiers mais n’en prennent en charge que 34%, alors que les ménages sont responsables de 7% de la dépense mais en payent 31%.



Entre 1990 et 2006, la répartition du financement a évolué : la part des entreprises a baissé de 43 à 34%, alors que celle des ménages a progressé de six points. L’accroissement des dépenses en 2006 est surtout financé par les ménages (42%), et provient essentiellement du coût de la gestion des déchets. Les entreprises financent en grande partie la gestion des déchets radioactifs et près de la moitié des dépenses pour les déchets, l’air et la recherche et développement.

Les activités "vertes" sont très capitalistiques. Le coût des investissements atteint 30% de la dépense en 2006, alors que pour l’ensemble de l’économie, il ne représente que 20% du PIB.

L’emploi environnemental occupe près de 376 000 personnes, soit 1,5% de l’emploi total. Il a crû de seulement 0,6% en 2006 (2100 emplois supplémentaires), en net repli par rapport à un rythme annuel de 2,4% enregistré depuis 1997. Tous les postes ne requièrent pas forcément une formation environnementale, une donnée également présente dans plusieurs rapports sur les perspectives d’emplois verts dans le monde. La gestion des déchets et des eaux usées représentent la moitié des emplois. Les trois quarts des offres d’emploi recensées par l’ANPE concernent des niveaux de qualification inférieurs au Bac. Le métier d’agent d’entretien et d’assainissement représente 59 % des offres.

Le secteur privé génère les deux tiers des postes, dont 140 200 dans les services et 67 800 dans le BTP lié à l’environnement.

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mercredi 18 juin 2008

Avis d’expert : la Chine pollue sans frein en Afrique

Attirée par les ressources naturelles dont elle manque, la Chine investit massivement en Afrique depuis l’an 2000, et mène des travaux à tour de bras, avec une rapidité de décision et d’exécution très appréciée des Africains, mais sans se soucier d’environnement, avertit Peter Bosshard, directeur de l’association américaine International Rivers. Une critique qui s’ajoute à celles des ONG africaines et mondiales sur les dérives des entreprises chinoises concernant les droits de l’homme ou du travail en Afrique, notamment la préférence donnée aux salariés chinois.

La présence chinoise en Afrique augmente en flèche, mais partait de très bas. Le commerce entre les deux pays est passé de 10 milliards de dollars en 2000 à 70 milliards en 2007, selon le gouvernement américain, et pourrait atteindre 100 milliards en 2010 selon le FMI. Les investissements directs de la Chine en Afrique ont atteint 2,5 milliards en 2007 (1% de tous investissements directs réalisés en Afrique), avec des opérations majeures comme l’achat par l’Industrial and Commercial Bank of China de 25% de la banque sud-africaine Standard Bank fin 2007 ou les crédits de 9 milliards au Congo, qui remboursera la Chine en cobalt et en cuivre.

« Depuis longtemps », explique M. Brossard, « l’Afrique a été un gisement de ressources naturelles pour l’Europe et l’Amérique, mais la Chine a pour politique d’exploiter des ressources jusqu’ici jugées trop difficiles d’accès, trop risquées politiquement ou trop limitées pour être exploitées ».

« D’où des investissements massifs dans les mines, l’exploration pétrolière et des infrastructures comme les oléoducs, les routes, les centrales et lignes électriques.

L’expansion chinoise en Afrique est réalisée par des milliers d’entrepreneurs individuels pour le commerce et les usines, et par des grosses sociétés publiques chinoises pour les infrastructures et l’exploration – comme les grandes entreprises américaines ou européennes l’ont déjà fait pour le pétrole.

Le gouvernement chinois les épaule via la China Exim Bank, agence de crédit à l’exportation qui a accordé 36 milliards de dollars de crédits en 2007, davantage que la Banque mondiale et toutes les agences nationales de crédit à l’exportation réunies. En mai 2007, la China Exim Bank a prévu d’accorder 20 milliards de dollars aux projets en Afrique sur les trois prochaines années – contre, par exemple, 4,8 milliards accordés par le Banque mondiale en 2006.

Championne des technologies en matière d'énergies renouvelables dans les zones rurales – par exemple les chauffe-eau solaires – et productrices d’équipements bon marché, la Chine offre des solutions idéales pour l’Afrique, et ses investissements massifs ont été un moteur de l’économie du continent ces dernières années. De plus, elle agit rapidement, libre des critères rigides des institutions internationales.

Mais la Chine cherche d’abord à accéder aux matières premières, comme avant elle les Occidentaux, sans trop se soucier d’environnement, ni d’autres principes comme le droit du travail, les droits de l’homme, avec par exemple souvent une préférence donnée aux employés chinois. Et elle risque fort d’exporter ses pratiques peu soucieuses de l’environnement, comme les barrages géants avec déplacement massifs de populations.

Les investissements chinois portent sur des secteurs polluants (bois, pétrole, gaz, mines, infrastructures de transport…), souvent dans des zones retirées et écologiquement fragiles, y compris des parcs naturels ou des régions mal contrôlées par des gouvernements faibles. Si les institutions internationales se sont dotées des principes environnementaux depuis les années 1990, ce n’est pas le cas des grands groupes chinois, ou du moins pas au même niveau.

Quelques exemples sont parlants : au Soudan, la China Exim Bank finance le projet de barrage de Merowe sur le Nil, qui déplacera 55.000 personnes qui devront quitter la fertile vallée du Nil pour s'installer dans des zone plus arides, un projet auquel le ministère soudanais de l’Environnement n’a jamais donné son feu vert.

Au Gabon, le groupe Sinopec procédait à des explorations pétrolière dans le parc national du Loango jusqu’à ce qu’en 2006, les services de production du parc en ordonne l’arrêt – là encore le groupe chinois n’avait jamais reçu l’autorisation du ministère de l’Environnement.

Le barrage du Kongou, proposé par les Chinois pour fournir de l’énergie au projet d’exploitation du fer de Belinga, au Gabon, dont la Chine est partenaire majoritaire, risque d’endommager les forêts du parc national d’Ivindo. Le projet de barrage de Bui (projet de Sinohydro), financé par la China Exim Bank, va inonder un quart du Parc national de Bui au Ghana. La barrage de Kafue, également de Sinhoydro, financé par la China Exim Bank en Zambie, menace les plaines de Kafue Flats et ses parc nationaux.

La Chine a commencé, depuis un ou deux ans, à annoncer publiquement la nécessité d’adopter des règles de protection de l’environnement, y compris la China Exim bank, mais d’une part ce sont des grandes lignes et non des règles contraignantes, d’autre part le gouvernement n’a pas forcément beaucoup d’influence sur les centaines de groupes chinois présents en Afrique.

Jusqu’ici les pays africains n’ont guère réagi, sauf la Sierra Leone qui début 2008 a stoppé les exportations de bois menées par des sociétés chinoises (et d’autres) sans respect de la loi. Les investisseurs occidentaux craignent que les banques chinoises ne financent des projets qu’ils avaient rejetés à cause de leur impact écologique.

Et de nombreux exemples montrent que les gouvernements africains utilisent la disponibilité des fonds chinois pour faire pression sur les financiers occidentaux afin qu’ils réduisent leurs exigences environnementales, ou celles liées aux conditions de travail.

La Banque mondiale tout comme la Banque européenne d’investissement, ont publiquement averti de ce risque, et estiment que les institutions internationales doivent diminuer leurs exigences, à cause de la concurrence chinoise.

Pourtant, à l’intérieur de la Chine, les progrès avancent. Récemment, les institutions chinoises ont créé des incitations importantes pour faire respecter les règles d’environnement. En août 2007, l’Agence de protection de l’environnement (SEPA, devenue ministère de l’Environnement), la People's Bank of China et la Commission de régulation bancaire chinoise ont élaboré des règles environnementales plus strictes et, en novembre 2007, 12 entreprises chinoises se sont vu pour la première fois retirer des financements au nom de l’environnement.

En octobre 2007, le ministère du Commerce et la SEPA ont annoncé qu’ils interdiraient d’exportations pour 3 ans les entreprises qui violent les règles sur l’environnement Et en janvier 2008, la SEPA a conclu un accord pour introduire les principes de l’Equateur - les normes environnementales qu’appliquent les banques privées internationales – en Chine.

Mais aucune de ces mesures ne s'appliquent aux firmes chinoises à l’étranger, et risquent même d’encourager les entreprises chinoises à délocaliser leurs activités les plus polluantes dans d’autres pays.

En septembre 2007, la vice-présidente sud-africaine Phumzile Mlambo-Ngcuka a annoncé que son gouvernement négociait avec la Chine pour déplacer en Afrique du Sud des industries chinoises polluantes, affirmant que le pays « avait la capacité de gérer les émissions » -- tout comme en 1991 l’économiste en chef de la Banque mondiale Lawrence Summers jugeait que certains pays africains étaient « largement sous-pollués » et que la Banque mondiale devait y encourager l’exportation des industries polluantes des pays développés. »
L'avis intégral (en anglais) peut être téléchargé ici

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lundi 16 juin 2008

Qui dit mieux sur les algues ?

A les entendre, les producteurs de biocarburants tirés des micro-algues -- ces organismes unicellulaires qu’on trouve dans n'importe quel étang -- semblent pouvoir sauver le monde tant leurs promesses sont grandioses. Jusqu'ici aucun résultat industriel, mais les annonces de techniques révolutionnaires et les méga-financements se multiplient.


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La plus ambitieuse est la start-up américaine, Algenol Biofuels, qui a affirmé la semaine dernière avoir mis au point une technologie inédite et peu coûteuse pour produire directement de l’éthanol -- des dizaines de millions d'hectolitres ! -- à partir d’algues bleues sélectionnées. Et ces dernières semaines ont aussi vu fleurir une dizaine d'autres annonces alléchantes.

Algenol cultive les algues dans des bioréacteurs (des pochettes plastiques étanches géantes) additionnés d’eau de mer et de CO2 et exposés au soleil. Les algues fermentent et produisent de l’éthanol, explique la société, qui a conclu un accord de franchise de 850 millions de dollars avec une nouvelle société mexicaine, BioFields, qui doit vendre de l’éthanol au gouvernement mexicain.

Algenol est en train d’installer un centre de production sur la côte mexicaine dans le désert de Sonora, qui doit démarrer en 2009.

La société, forte de 70 millions de dollars fournis par ses fondateurs, dit pouvoir produire 6.000 gallons d'éthanol par acre (56.000 litres par hectare) par an -- un rendement géant comparé aux 3.400 litres d'éthanol/ha du maïs -- et même atteindre 10.000 gallons/acre (93.000 litres/ha) fin 2008.

Elle prévoit de produire 3,8 milliards de litres d’ici fin 2012, avec 2,5 millions de bioréacteurs, pour moins de 3 dollars par gallon (50 centime d’euros /litre). Des ambitions qui dépassent de très loin tous ses concurrents.

Il est vrai que les micro-algues sont très riches en huile et extraordinairement efficaces à transformer l'énergie solaire tout en absorbant du CO2 – leur productivité en huile est, sur une même surface de culture, de 30 à 100 fois celle du soja. Et cette huile peut être transformée en biodiésel, avec des cultures placées sur des sols arides, sans voler de terrain aux cultures vivrières.

Beaucoup de start-up et d’universités travaillent sur les algues, soit pour produire du biodiesel (à utiliser directement dans un moteur diesel), soit de l’éthanol (qui s’ajoute à l’essence pour la rendre moins polluante), et la plupart extrapolent des résultats obtenus en laboratoire.

Jusqu’ici toutes ont buté sur les coûts de production des algues, que ce soit en étang ouvert, en serre ou dans des bioréacteurs.

Pourtant ces dernières semaines aux Etats-Unis, les annonces prometteuses s’accumulent, ainsi que les méga-financements venus d’investisseurs convaincus.



A part Algénol, l’une des seules à affirmer être déjà engagée dans un processus à l’échelle industrielle est la société californienne Solazyme, créée en 2003, qui fabrique du biodiesel à partir d’algues et a annoncé un partenariat avec Chevron, le deuxième groupe pétrolier américain. Son biocarburant vient de passer les tests d’homologation aux Etats-Unis.

Un autre producteur de biodiesel tiré d’algues, la sociétée GreenFuel, dirigée jusqu'à récemment par l'investisseur Bob Metcalfe, inventeur d'Ethernet et l'un de ces gourous de l'internet passés au green, espère passer à une production industrielle très prochainement. GreenFuel a récemment levé 13,9 millions de dollars et aurait, selon la presse de Boston, conclu un accord de 92 millions de dollars pour contruire un premier site de production industriel en Europe. GreenFuel a une technologie séduisante : elle a conçu des bioréacteurs qui produisent des algues à partir des émissions de CO2 des centrales électriques classiques.

La start-up Sapphire Energy vient elle de lever fin mai 50 millions de dollars auprès d’investisseurs (Arch Venture Partners, The Wellcom Trust, Venrock) et annoncé qu’elle avait réussi à produire un équivalent du pétrole “sweet light” directement à partir d’algues, ce qui lui a permis de fabriquer une essence à indice d’octane 91.

Aurora BioFuels, créée par un groupe d’étudiants de l’université californienne de Berkeley en 2006, et qui produit de l’huile tirée d’algues pour la transformer en biodiesel, vient de lever 20 millions de dollars (Oak Ventures, Noventi, Gabriel Partners Ventures.

A citer encore Petro Algae, basée en Floride, née fin 2006, et Cellana, joint venture créée fin 2007 par le groupe pétrolier Shell et le producteur hawaïen HR Biopétroleum, qui cultive des algues dans des étangs d’eau de mer à Hawaïi.


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samedi 14 juin 2008

L'Inde, condamnée à réussir dans les greentech

L'Inde pourrait bien devenir un des leaders mondiaux des technologies de l'environnement, tout simplement parce qu'elle n'a pas le choix, et attire des investissements en forte croissance dans ce secteur, selon un rapport du Cleantech Group.

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Les investissements totaux dans les cleantech, toutes sources confondues, ont décuplé entre 2006 et 2007, passant de moins de 200 millions de dollars à 2,4 milliards, gonflés par un investissement majeur du producteur indien d'éoliennes Suzlon, l'un des leaders mondiaux, qui a racheté pour 1,9 milliard de dollars son concurrent allemand RePower en 2007.


Pour l'Inde, l'enjeu est vital : sans réduction des émissions de CO2, l'avenir du pays, où vit 16% de la population mondiale avec seulement 4% des ressources en eau, est plus qu'inquiétant.

D'ici 2030, la fonte des glaciers de l'Himalaya assèchera le Gange, qui fournit eau et irrigation à 500 millions de personnes, la hausse du niveau des mers menace des dizaines de millions de personnes sur les côtes et dès 2020 l'eau potable se fera trop rare pour les habitants, et la température y augmentera davantage que dans le reste du monde, perturbant la mousson, selon la Banque mondiale et le rapport de l'ONU 2007.

Voila pourquoi l'Inde se bat contre le réchauffement, avec un paradoxe : elle est à la fois l'un des pays où les émissions de gaz à effet de serre augmentent le plus vite (+65% en 5 ans, le 2ème taux derrière la Chine), à cause d'une croissance économique de 8% par an, mais aussi l'un des plus actifs dans les greentech, avec un savoir-faire notamment pour les zones rurales.

Les investissements des seuls capitaux-risqueurs dans des projets "green" en Inde ont plus que doublé en 2007, à 290 millions de dollars contre 140 millions en 2006, rattrapant presque les montants investis en Chine. Les investisseurs ont surtout misé sur les énergies renouvelables -- éolien surtout, et solaire -- qui ont reçu 36% des fonds. Ils croient à un boom similaire à celui de la high-tech en Inde.



Certains capitaux-risqueurs deviennent des acteurs importants en Inde, comme le fonds Khosla Ventures, le Global Environment Fund, Barings Private Equity, 2i Capital et IDFC Private Equity.

En 2007, parmi les transactions divulguées, le plus gros montant a été obtenu par le producteur de cellules solaires Moser Baer Photo Voltaic, qui a reçu 100 millions de dollars de GIC Special Investments, CDC Group et d'IDFC Private Equity. Moser Baer, à l'origine un fabricant de disques compacts qui s'est diversifié dans les équipements solaires, a investi dans des start-up américaines et compte entrer en Bourse sur le Nasdaq américain.

Vient ensuite le fabricant d'éoliennes Vestas RRB India, filiale du danois Vestas, le leader mondial qui détient 25% du marché mondial des éoliennes. Vestas RRB India a reçu 54 millions de la banque d'affaires américaine Merrill Lynch.

Troisième plus gros bénéficiaire de fonds, l'industriel de l'énergie ICSA, qui a reçu 52 millions de dollars des banques Citigroup et Goldman Sachs. Le spécialiste des énergies renouvelables Auro Mira Energy (vent, biomasse, hydro) a lui reçu 50 millions du fonds Barings Private Equity et le producteur de biocarburants Praj Industries a obtenu 29,3 millions des fonds Khosla Ventures, Kleiner Perkins et Caufield & Buyers.

Au plan international, l'Inde est déjà le 2e pays vendeur de crédits-carbone prévus par le mécanisme de développement propre (MDP) du Protocole de Kyoto -- permettant aux pays développés de compenser leurs émissions en finançant des projets de réduction des émissions de CO2 dans les pays en développement. Des centaines de projets indiens en profitent.

Mais si les projets indiens sont les plus nombreux à avoir reçu des fonds -- 294 sur les 852 projets mondiaux à fin octobre 2007 -- ce sont aussi des projets modestes car en montant de crédit, l'Inde n'en a perçu que 20%, contre quelque 70% pour la Chine, qui attire davantage les gros investissements.

Autre moteur, le gouvernement indien vise 10% d'énergie renouvelable dans 5 ans dont 4% à 5% de la production électrique, dans un pays où les besoins en énergie devraient être multipliés par 5 d'ici 2030, croissance et démographie obligent.

L'inde est déjà l'un des 5 premiers marchés mondiaux pour les éoliennes.
Le pays compte maintenant installer des capacités de production d'énergie supplémentaires de 70 GigaWatt dans les 5 ans, en plus des 135 GW déjà installés, et sur ce total environ 20%, soit 14,5 GW, devraient provenir d'énergies renouvelables.

Elle prévoit ainsi de faire passer ses capacités d'énergie éolienne de 7,7 GW actuellement à 17,5 GW en 2012, et ses surfaces de panneaux solaires de 3 MW par km2 à 136 MW par km2. Sa production hydraulique passera de 2 GW à 3,4 GX.
Atteindre ce but coûtera cher : Cleantech Group calcule qu'il faudra 19 milliards de dollars d'investissement au total, dont 15 milliards de dollars investis dans l'éolien et 2 milliards dans les petites centrales hydro-électriques.

Et les besoins en eau de l'Inde y créent un marché du traitement des eaux évalué à 420 millons de dollars, qui va croître de 15% à 20% par an ces prochaines années.

Quelques grosses entreprises émergent au niveau mondial : le groupe indien Suzlon, l'un des plus gros fournisseurs d'éoliennes au monde -- le groupe revendique 10,5% du marché mondial --, prévoit d'investir 1,5 milliard de dollars pour tripler sa capacité de production d'ici 2009. Le producteur d'électricité et vendeur de crédits-carbone Greenko, qui s'est introduit en Bourse fin 2007 et a levé 64 millions de dollars, a récemment racheté 8 sociétés pour agrandir sa taille.

Commentaires de Green Univers :
L'auteur du rapport, le CleanTech Group, un groupe américain de recherche sur le secteur, s'intéresse de près aux possibilités de l'Inde, d'autant qu'il a été cofondé par le célèbre investisseur Vinod Khosla, né en Inde, et qui, après avoir été un gourou de l'internet et cofondé Sun Microsystems, est devenu un passionné de l'investissement vert, comme avec lui de nombreuses autres stars des high tech.

Un bémol cependant : les VC intéressés par les greentech ne trouvent pas suffisamment de sociétés indiennes viables où investir. “Nous voulons investir sur ce secteur mais nous avons du mal à cibler des sociétés qui nous intéressent assez. Nous recherchons des innovations crédibles et des talents d'exécution mais nous n'en avons pas trouvé beaucoup", a commenté dans une interview l'investisseur Alok Mittal, de Canaan Partners.

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mercredi 11 juin 2008

Développement durable : les entreprises en font peu !

Malgré leurs grandes déclarations, les entreprises ne n’intéresseraient que du bout des lèvres au développement durable, selon une étude (en anglais) du cabinet conseil Arthur D.Little. Leurs actions seraient superficielles, dépourvues d'ancrage stratégique et de suivi.

Même les groupes scandinaves, souvent présentés comme des modèles, seraient à la traîne. Seuls 48% ont communiqué leurs émissions de CO2 en 2007. Et ils ne sont que 29% à le faire en suivant les standards internationaux établis par la GRI (Global reporting initiative).

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Résultat : dans les prochaines années, ces entreprises risquent de passer à côté d’opportunités de marchés et de faire fuir les investisseurs, qui sont de plus en plus nombreux à estimer que les sociétés performantes en matière d’environnement seront plus compétitives que les autres à moyen terme.

Les investissements dans les fonds intégrant des critères sociaux et environnementaux ont bondi de plus de 40% entre 2005 et 2006 en Europe. Et les indices intégrant des éléments comme les émissions de CO2 se multiplient : Dow Jones sustainability index, FTSE4Good… La plupart d’entre eux enregistrent des performances supérieures aux autres indices (graphique ci-dessous).

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Le focus sur 99 entreprises cotées scandinaves révèle l’absence d’une vraie stratégie intégrant la dimension environnementale, le manque de transparence dans le reporting, le manque d’objectifs chiffrés et des lacunes dans les procédures de suivi.

Dans les pays nordiques, 78% des industriels et 93% des entreprises du secteur agro-alimentaire n’ont pas réussi à atteindre les scores de réduction des émissions de CO2 exigés pour intégrer le « carbon winners equity index », un indice boursier lancé en 2007 qui tient compte du niveau des émissions de carbone.

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mardi 10 juin 2008

Course à l'éthanol cellulosique aux Etats-Unis

Une quinzaine d'entreprises en Amérique du Nord se sont lancées dans la course à l'éthanol cellulosique, qui est tiré de toutes sortes de déchets végétaux: paille de blé, tiges de maïs, copeaux de bois ou encore switchgrass, une haute graminée nord-américaine, riche en cellulose.



Un biocarburant bien plus prometteur que celui tiré du maïs, qui concurrence la production alimentaire et dont les bénéfices pour l'environnement sont de plus en plus controversés. Et qui doit aider à répondre à l'objectif du gouvernement américain de produire 1,3 milliard d'hl de biotéhanol par an (35 milliards de gallons) d'ici 2017, ce que la totalité de la surface américaine de maïs ne suffirait pas à produire.

Ces entreprises lancent toutes des sites pilotes, et prévoient des usines à l'échelle commerciale dans quelques années, mais qui coûtent cher, et elles doivent encore trouver la recette pour que l'éthanol cellulosique soit rentable -- ce qui pourrait être rendu plus facile par la hausse du pétrole et du maïs.

Verenium teste une usine pilote de 53.000 hectolitres par an. Deux groupes japonais ont utilisé la technologie de Verenium pour construire à Osaka, au Japon une usine pilote de 13.000 hectolitres. Verenium veut construire pour mi-2009 une usine d'une capacité de 1,14 million d'hl par an.

Coskata prépare pour 2009 une usine pilote de 1.440 hl par an et une usine d'une capacité de 3,8 millions d'hl par an pour 2011. Soutenue à hauteur de 30 millions de dollars par General Motors et des fonds prestigieux (Khosla Ventures, GreatPoint Ventures et Advanced Technology Ventures), Coskata transforme la biomasse en mélange de gaz (appelé syngas) puis, grâce à des enzymes, en éthanol.

Range Fuel, dirigé par un ancien cadre d'Apple, Mitch Mandich, a testé sa technologie pendant 7 ans et construit maintenant une usine à grande échelle, d'une capacité de 760.000 hl par an pour 2009, et qui devrait monter à 4,5 millions d'hl par an à terme. Elle utilise un processus catalytique qui lui permet de se passer d'enzymes. La startup a reçu plus de 130 millions de dollars des fonds Passport Capital, BlueMountain, Khosla Ventures, Leaf Clean Energy Company et Pacific Capital Group, avec la participation de Calpers, le fonds de pensions des fonctionnaires de de Californie (California Public Employee Retirement System).

Poet, un producteur de bioéthanol de maïs, lance parallèlement une usine d'éthanol cellulosique d'une capacité de 900.000 hl/an pour 2011, qui recevra une subvention du gouvernement américain de 80 millions de dollars. Cette usine, placée à côté d'une usine de production d'éthanol de maïs, transformera les déchets de maïs en éthanol.

DuPont-Danisco: joint venture entre le géant chimique américain DuPont de Nemours et le groupe alimentaire danois Danisco (et sa filiale de biotechnologie Genencor), ce groupe veut démarrer une usine pilote en 2009 et une autre à l'échelle commerciale pour 2012. La joint venture veut investir 70 millions sur les 3 prochaines années. Elle compte d'abord produire de l'éthanol tiré des déchets du mais et de la bagasse de canne à sucre.

Mascoma, allié à l'Université du Tennessee, veut construire une usine pilote d'éthanol tiré de switchgrass pour 2009, et un site commercial d'éthanol tiré de déchets de bois à terme. Mascoma a levé 90 millions auprès de grands partenaires: General Motors, Khosla Ventures, Flagship Ventures, General Catalyst Partners, Kleiner Perkins Caufield & Byers, Vantage Point Venture Partners, Atlas Venture et Pinnacle Ventures

ZeaChem collabore avec le gestionnaire de forêt GreenWood Resources pour contruire un site pilote de 55.000 hl par an en Oregon (nord des Etats-Unis). Elle a reçu 4 millions de dollars de Mohr Davidow Ventures et de Firelake Capital

Sunethanol prépare un usine pilote de 90.000 hl par an et un site à l'échelle commerciale, et bénéficie de l'appui d'investisseurs comme VeraSun, Battery Ventures, Camros Capital et LongRiver Ventures, ainsi que d'un prix de 100.000 dollars du gouvernement US

Blue Fire, qui utilise une technologie testée depuis 2002 au Japon, prépare une usine pilote et un site de production commerciale d'éthanol tiré des déchets, d'une capacité de 650.000 hl par an, avec une subvention du gouvernement américain.


Abengoa, détenue par le groupe espagnol Abengoa (l'un ds premiers producteurs mondiaux d'éthanol cellulosique, qui construit la première usine commerciale d'Europe, en Espagne, à Salamanque), a ouvert une usine pilote en octobre 2007 aux Etats-Unis et veut consacrer 300 millions de dollars pour y construire un site de production commerciale, d'une capacité de 1,9 million d'hl par an. Elle a reçu 76 millions du gouvernement américain pour créer un site de 440.000 hl par an .

Iogen, groupe canadien qui compte sur une subvention du gouvernement canadien, veut construire un site au Canada produisant 740.000 hl par an.



SunOpta, l'un des pionniers du secteurs, veut construire pour 2009 une usine à l'échelon commercial, soutenue par le ministère américain.

Un site américain qui suit bien le secteur aux USA: investincellulosicethanol.com


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dimanche 8 juin 2008

Feuille de route de l'AIE : nucléaire, éoliennes, capture du CO2, économies d'énergie. Et 45.000 mds de dollars !

Pour réduire de moitié les émissions de CO2 mondiales d'ici 2050, l'AIE (Agence internationale de l'énergie) a dressé vendredi un ambitieux plan d'attaque. Elle préconise que, de 2010 à 2050, le monde installe chaque année, en moyenne :
- 32 centrales nucléaires
- 215 millions de m2 de panneaux solaires
- 17.500 éoliennes (dont un quart en mer)
- 55 centrales thermiques équipées de système de capture du CO2 (CCS).

En tout, 1.400 centrales nucléaires et 700.000 éoliennes à construire d'ici 2050.


Un choix pro-nucléaire aussitôt rejeté par le ministre allemand de l'Energie Sigmar Gabriel et par Greenpeace, qui condamne aussi le choix de la technologie de capture du carbone, une technologie controversée.
Autres recommandations de l'AIE : les biocarburants tirés de la biomasse (notamment les résidus de bois) devront représenter un quart des carburants utilisés, et devront circuler un milliard de voitures avec des batteries électriques ou des piles à combustible.

Il faudra aussi doubler l'efficacité énergétique de nos appareils et qu'une bonne partie des bâtiments construits soient à émissions zéro.
Donc, sur de nombreux points, aller beaucoup plus loin que les projets actuellement sur les rails.

Coût de ce scénario "bleu" : 45.000 milliards de dollars sur 40 ans, soit 1,1% du PIB mondial/an. Mais cela économisera l'équivalent de 51 milliards de dollars de carburant...

Si ce scénario est suivi, la biomasse deviendra la principale source d'énergie renouvelable, apportant 23% de l'énergie primaire. Il faudrait pour cela que 15.000 millions de tonnes de biomasse soient apportées chaque année des usines, la moitié venant des résidus de bois et forêts, l'autre moitié de cultures spécifiquement produites, qui nécessiteront une surface cultivée équivalente au quart de la surface agricole américaine.

Un bon signe, 2007 a vu s'accélérer le déploiement d'énergies renouvelables, souligne l'AIE, avec 20 GW supplémentaires d'éoliennes et 2 GW de solaire. Environ 30% des capacités énergétiques supplémentaires sont issus des énergies renouvelables en 2007.

Les biocarburants tirés du maïs et autres productions vivrières ont été critiqués, comme peu bénéfiques pour l'environnement et réduisant les productions alimentaires. Mais vont apparaître dans les 5-10 prochaines années des biocarburants de seconde génération, tirés de l'herbe, des arbres et des déchets de biomasse, qui pourront surmonter ces critiques, selon l'AIE.

Dans le scénario le plus optimiste, ces biocarburants représenteront 700 millions de tonnes d'équivalent pétrole, soit 26% du carburant consommé en 2050.
La part des énergies renouvelables passera dans ce scénario de 18% actuellement (en incluant l'hydro-électricité) à 46% en 2050, avec 19.000 TWh (térawatt-heure): 5. 000 TWh chacun pour l'hydro-électricité, le solaire et l'éolien, et 4.000 d'autres sources.

En résumé "une révolution énergétique". Et si rien n'est fait que les politiques actuelles, les émissions augmenteront de 130% d'ici 2050 et la demande en pétrole de 70%. "Il faut un virage majeur des politiques gouvernementales et une coopération sans précédent entre les plus grandes économies mondiales", résume l'AIE.

Ceci pour atteindre l'objectif le plus ambitieux de l'IPCC : réduire de moitié les émissions, c'est-à-dire contenir à moins de 2,4 degrés le réchauffement de la planète, et éviter que d'immenses régions de la terre ne se retrouvent immergées.

Les dirigeants du G8 ont accepté d'envisager ce scénario "Bleu", par rapport au scénario "Act", plus modeste, consistant seulement à stabiliser les émissions au niveau actuel. "Bleu ne pourra être réalisé que si le monde entier participe pleinement", selon l'AIE

Stabiliser les émissions pourra être réalisé par des économies d'énergie et une production énergétique sans émissions, ceci pour un coût de 50 dollars par tonnes de CO2 émis -- soit l'équivalent 20 dollars supplémentaires par baril de pétrole.

Pour réduire les émissions des moitié il faudra en outre accroître les énergies renouvelables (21% de réduction), capter et stocker le CO2 (19%) et développer le nucléaire et l'efficacité énergétique (24%), ce qui coûtera nettement plus cher -- jusqu'à 200 dollars par tonne de CO2 (+80 dollars par baril de pétrole) voire au pire, sans progrès technologiques -- 500 dollars/tonne de CO2 soit +200 dollars par baril de pétrole.

Notamment, l'AIE réclame 7.000 milliards pour l'innovation, soit plus de 100 milliards par an de recherche et développement.

Si aucune mesure nouvelle n'était prise, la température mondiale pourrait monter de 6 degrés en 2100, avec des conséquences dramatiques pour tous les pays.

Actuellement les énergies renouvelables représentent 13% de l'énergie primaire (dont 90% est du bois de chauffage ou autre élément de biomasse pour cuisiner et se chauffer), les biocarburants ne représentent que 2% des carburants mondiaux, l'hydro-électricité 16% de la production électrique mondiale, et l'éolien, le solaire et la biomasse ensemble seulement 2% de la production électrique.

Pour l'AIE les avions, camions et bateaux peuvent sans grandes dépenses consommer 20% d'énergie en moins. Et l'agence compte sur le fait que l'une ou l'autre des deux options d'avenir pour l'automobile - les voitures électriques que l'on charge en branchant sur un réseau ou le recours aux piles à combustible - deviendra très largement majoritaire en 2050.

Il faudrait enfin que 30% des centrales thermiques soient équipés de systèmes de capture et stockage du CO2, une solution indispensable, selon l'AIE.

En millions de tonnes de CO2 dégagées dans l'atmosphère, alors que le monde émet environ 28 milliards de tonnes par an actuellement, le scénario d'inertie aboutit à 62 milliatds de tonnes en 2050, quand le scénario "Bleu" est de 14 milliards de tonnes.

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mercredi 4 juin 2008

25 patrons qui ont abandonné internet pour le "green"

La liste des stars des affaires qui quittent internet pour le "green" s'allonge. Poussées par l'espoir d'un boom financier autant que par leur conscience environnementale... Parmi les plus connues, recensées par le site américain Earth2tech.com :


1) Shai Agassi, 40 ans, l'héritier présumé du groupe allemand de logiciels SAP. Sur le point d'en devenir le DG, il a démissionné pour fonder, début 2008, Better Place, un ambitieux projet de création d'un réseau de bornes électriques pour voitures, qui va démarrer en Israël en partenariat avec Renault.


2) Elon Musk, cofondateur de PayPal, qu'il a revendu pour 1,5 milliard de dollars à eBay en 2002. Il est devenu président et principal investisseur de Tesla Motors, start-up de voitures électriques.


3) Bob Metcalfe, inventeur de l'Ethernet, fondateur du groupe d'équipements télécoms 3Com, est désormais associé du fonds Polaris Venture Partners et PDG de GreenFuel, qui produit des biocarburants à partir des algues et va construire sa première usine en Europe.

4) Vinod Khosla, cofondateur de Sun microsystems, un VC légendaire qui a lancé Khosla Ventures, et délaisse les "dot.com" pour investir dans les entreprises du secteur greentech.



5) John Doerr, autre investisseur vedette, associé chez Kleiner Perkins. Il avait investi dans Google et Amazon mais est désormais le gourou des greentech de ce fonds qui investit des milliards dans le "green" et a recruté Al Gore. C'est lui qui a décrété que le "vert" est l'opportunité du siècle, une phrase qui fait référence.

Et il y en a d'autres tout aussi prestigieux. Ici les 25 principaux recensés par Earth2tech.com



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Avis d'expert : Chine + Green = le jackpot du siècle


Le milliardaire Warren Buffett (à gauche), oracle boursier aux Etats-Unis, a prédit que le 21e siècle serait celui de la Chine. Et le capital risqueur John Doerr, star des venture-capitalists américains, a qualifié le secteur des cleantech de "plus grande opportunité économique du siècle."

"Réunissez ces deux déclarations et vous avez la plus grosse opportunité du 21e siècle", explique Tim Hanson, analyste du site boursier américain Motley Fool (ci-dessous), qui liste quelques-unes des plus prometteuses entreprises occidentales et chinoises pouvant profiter de cette occasion historique.

"Le miracle économique chinois a son prix. L'un des plus élevés a été payé par l'environnement. Les usines, centrales électriques chinoises, ainsi que sa demande en ressources naturelles ont prélevé un lourd tribut sur le pays, en polluant l'air, l'eau et la terre.

La Chine est le plus gros émetteur de dioxyde de carbone du monde. La pollution de l'air est un souci pour les athlètes qui préparent les JO et National Geographic a récemment montré des "villages du cancer" le long du Fleuve Jaune, maintenant pollué.

La bonne nouvelle est que le gouvernement chinois ne se voile plus la face sur ce problème. Le 11ème (et plus récent) plan quinquennal a fait de la "stratégie verte" une priorité nationale. Cela signifie des pénalités pour les entreprises qui nuisent à l'environnement, des efforts pour stabiliser et réduire les émissions, et un accent mis sur le développement durable plutôt que sur le développement le plus rapide et à tout prix.

Commencer à assainir la Chine et y parvenir sont deux choses très différentes. Mais certaines pénalités contre les entreprises qui violent les lois environnementales sont très lourdes. Par exemple, elles sont bannies de la Foire de Canton, l'un des plus importants canaux pour accéder aux marchés étrangers, et la Commission de régulation bancaire (China Banking Regulatory Commission) interdit les prêts aux entreprises mises sur liste noire.

Ainsi, une entreprise qui nuit à l'environnement se voit barrer la route du commerce international et du crédit -- ce qui signifie une rapide faillite pour n'importe quelle petite entreprise en croissance en Chine.

Rien d'étonnant : quand le gouvernement chinois place un programme dans son plan quinquennal, cela n'est pas une plaisanterie. Pour un investisseur, le choix le plus avisé pour investir en Chine est de se focaliser sur les tendances défendues par le gouvernement: les technologies "vertes", les énergies alternatives. Autrement dit, les cleantech.

L'agence chinoise de protection de l'environnement estime que les investissements dans ce secteur dépasseront 160 milliards de dollars pendant les 5 ans du plan (2006-2010). Avec son énorme surplus commercial, ses vastes projets immobiliers et l'accent mis sur les initiatives "vertes", la Chine peut devenir le plus gros marché mondial pour les cleantech.

Non seulement cela profitera à l'environnement mais, meilleure nouvelle encore pour les investisseurs, la Chine n'a pas d'entreprises publiques dans ce secteur. Donc, contrairement à la plupart des marchés chinois, qui sont dominés par des géants publics protégés comme PetroChina ou China Mobile, le gouvernement sera très accueillant pour les entreprises étrangères dans ce secteur en croissance rapide.

L'une des entreprises privées déjà dans la course pour le marché de l'environnement en Chine est General Electric. GE pousse son initiative "Ecomagination" dans le pays et GE China pèse maintenant plus de 5 milliards de dollars. Son PDG Steve Bertamini a récemment déclaré au magazine Fortune que "les Chinois seront leaders dans ces secteurs, parce qu'ils le doivent".

Mais même si la Chine et ses opportunités dans les cleantech représentent un gros débouché pour GE, cela ne lui suffira pas pour doubler son cours de Bourse, ni pour les autres groupes qui se lancent sur le secteur, comme BP .

En revanche, cela pourrait bien s'avérer possible pour des petites sociétés innovantes.

Deux petites sociétés chinoises émergent

L'un d'entre elles est Fuel Tech, qui fabrique des systèmes de réduction de la pollution destinés entre autres aux centrales à charbon. La Chine risque de faire face à un manque d'électricité de 10-gigawatts cette année et prévoit déjà de construire l'équivalent d'une centrale à charbon par semaine pendant les 10 prochaines années : c'est une opportunité énorme pour Fuel Tech, dont les produits commencent à y être adoptés. La société ne réalise pour l'instant que 85 millions de dollars de chiffre d'affaires et pèse 550 millions de capitalisation boursière.

L'énergie éolienne est également candidate à une adoption à grande échelle en Chine. Selon un récent article du Shanghai Daily, le gouvernement envisage des subventions pour les parcs d'éoliennes afin de faire passer les capacités de 5,6 Gigawatts à 100 GW d'ici 2020. L'expérience de GE dans ce secteur lui permettra sûrement d'y participer, mais la petite société chinoise A-Power Energy Generation Systems devient "un producteur à grande échelle d'éoliennes de haute qualité", selon son PDG Jinxiang Lu.

Déjà, les cours de ces deux entreprises intègrent un bonne partie d'optimisme, à juste titre. Fuel Tech pèse 75 fois son chiffre d'affaires et le cours d'A-Power a plus que triplé depuis l'an dernier. En d'autres termes, il faut plutôt les surveiller qu'acheter pour l'instant.

Et il y en a d'autres de ce type en Chine", conclut l'analyste. Des analystes de Motley Fool sont en mission dans le pays pour repérer les plus prometteuses sociétés locales, dont beaucoup dans le secteur des greentech.
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vendredi 23 mai 2008

Le solaire, chouchou des investisseurs américains

Les entreprises du secteur solaire ont la cote auprès des capitaux-risqueurs américains, alors que les biocarburants commencent à les faire fuir. Globalement, l'heure est aux "cleantech" chez les Venture Capitalists américains.

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Selon une étude de PricewaterhouseCoopers et de la National Venture Capital Association, les VC ont injecté 2,2 milliards de dollars dans les entreprises du secteur cleantech en 2007 aux Etats-Unis, 45% de plus qu’en 2006.

Tous les secteurs les attirent de plus en plus, sauf les biocarburants. Les Européens aussi d'ailleurs, au vu des vastes projets d'investissements d'Iberdrola aux USA.Le secteur du cleantech représente déjà 7,4% des investissements totaux des capitaux-risqueurs en 2007, selon cette étude -- d'autres études, qui suivent aussi les financements du secteur mais avec d'autres critères, concluent à des progressions similaires même si les chiffres diffèrent.

Les VC ont d'abord misé sur le solaire, qui a reçu des fonds en hausse de 133%, avec 600 millions de dollars et 39 levées de fonds en 2007. Sur ce total 101 millions sont allés à HelioVolt (fabricant de films photovoltaïques), 76 millions à Advent Solar (cellules photovoltaïques) et 64 millions à SolFocus (concentrateurs solaires).

L’éolien a levé 115 millions de dollars, avec 9 opérations, dont 55 millions versés à Everpower Renewables Corp. C'est encore modeste mais c'est dix fois plus que les 10 millions de dollars (et trois deals) de 2006,

Le secteur biocarburant et nucléaire a vu son étoile sérieusement pâlir: vedette en 2006, il a reçu 290 millions en 2007, bien moins que les 462 millions de 2006, malgré davantage d'opérations en 2007 (34 contre 22). Un ralentissement sans doute davantage lié à la perte de rentablité du bioéthanol, provoquée par l'envolée du prix du maïs, qu'à la controverse sur son bénéfice pour l'environnement.

Un domaine discret mais qui progresse, celui du recyclage et de la pollution (purification et filtrage de l’eau), qui a obtenu 202 millions contre 137 millions en 2006, une hausse de 47%.

Les batteries et piles à combustible séduisent également, avec des investissements de 281 millions (+20%) dont 64 millions pour la star du secteur, A123Systems, fabricant de batteries lithium-ion de nouvelle génération.

L’étude montre enfin que la sécurité de l’approvisionnement en énergie préoccupe de plus en plus les dirigeants américains : 40% des cadres estiment que la réduction des émissions de gaz à effet de serre et la gestion des déchets deviendront l’une des priorités dans leur entreprise dans les 5 ans. 64% des PDG s’inquiètent de la hausse des prix des carburants et 45% des questions de sécurité énergétique.

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