Pour réduire de moitié les émissions de CO2 mondiales d'ici 2050, l'AIE (Agence internationale de l'énergie) a dressé vendredi un ambitieux plan d'attaque. Elle préconise que, de 2010 à 2050, le monde installe chaque année, en moyenne :
- 32 centrales nucléaires
- 215 millions de m2 de panneaux solaires
- 17.500 éoliennes (dont un quart en mer)
- 55 centrales thermiques équipées de système de capture du CO2 (CCS).
En tout, 1.400 centrales nucléaires et 700.000 éoliennes à construire d'ici 2050.
Un choix pro-nucléaire aussitôt rejeté par le ministre allemand de l'Energie Sigmar Gabriel et par Greenpeace, qui condamne aussi le choix de la technologie de capture du carbone, une technologie controversée.
Autres recommandations de l'AIE : les biocarburants tirés de la biomasse (notamment les résidus de bois) devront représenter un quart des carburants utilisés, et devront circuler un milliard de voitures avec des batteries électriques ou des piles à combustible.
Il faudra aussi doubler l'efficacité énergétique de nos appareils et qu'une bonne partie des bâtiments construits soient à émissions zéro.
Donc, sur de nombreux points, aller beaucoup plus loin que les projets actuellement sur les rails.
Coût de ce scénario "bleu" : 45.000 milliards de dollars sur 40 ans, soit 1,1% du PIB mondial/an. Mais cela économisera l'équivalent de 51 milliards de dollars de carburant...
Si ce scénario est suivi, la biomasse deviendra la principale source d'énergie renouvelable, apportant 23% de l'énergie primaire. Il faudrait pour cela que 15.000 millions de tonnes de biomasse soient apportées chaque année des usines, la moitié venant des résidus de bois et forêts, l'autre moitié de cultures spécifiquement produites, qui nécessiteront une surface cultivée équivalente au quart de la surface agricole américaine.
Un bon signe, 2007 a vu s'accélérer le déploiement d'énergies renouvelables, souligne l'AIE, avec 20 GW supplémentaires d'éoliennes et 2 GW de solaire. Environ 30% des capacités énergétiques supplémentaires sont issus des énergies renouvelables en 2007.
Les biocarburants tirés du maïs et autres productions vivrières ont été critiqués, comme peu bénéfiques pour l'environnement et réduisant les productions alimentaires. Mais vont apparaître dans les 5-10 prochaines années des biocarburants de seconde génération, tirés de l'herbe, des arbres et des déchets de biomasse, qui pourront surmonter ces critiques, selon l'AIE.
Dans le scénario le plus optimiste, ces biocarburants représenteront 700 millions de tonnes d'équivalent pétrole, soit 26% du carburant consommé en 2050.
La part des énergies renouvelables passera dans ce scénario de 18% actuellement (en incluant l'hydro-électricité) à 46% en 2050, avec 19.000 TWh (térawatt-heure): 5. 000 TWh chacun pour l'hydro-électricité, le solaire et l'éolien, et 4.000 d'autres sources.
En résumé "une révolution énergétique". Et si rien n'est fait que les politiques actuelles, les émissions augmenteront de 130% d'ici 2050 et la demande en pétrole de 70%. "Il faut un virage majeur des politiques gouvernementales et une coopération sans précédent entre les plus grandes économies mondiales", résume l'AIE.
Ceci pour atteindre l'objectif le plus ambitieux de l'IPCC : réduire de moitié les émissions, c'est-à-dire contenir à moins de 2,4 degrés le réchauffement de la planète, et éviter que d'immenses régions de la terre ne se retrouvent immergées.
Les dirigeants du G8 ont accepté d'envisager ce scénario "Bleu", par rapport au scénario "Act", plus modeste, consistant seulement à stabiliser les émissions au niveau actuel. "Bleu ne pourra être réalisé que si le monde entier participe pleinement", selon l'AIE
Stabiliser les émissions pourra être réalisé par des économies d'énergie et une production énergétique sans émissions, ceci pour un coût de 50 dollars par tonnes de CO2 émis -- soit l'équivalent 20 dollars supplémentaires par baril de pétrole.
Pour réduire les émissions des moitié il faudra en outre accroître les énergies renouvelables (21% de réduction), capter et stocker le CO2 (19%) et développer le nucléaire et l'efficacité énergétique (24%), ce qui coûtera nettement plus cher -- jusqu'à 200 dollars par tonne de CO2 (+80 dollars par baril de pétrole) voire au pire, sans progrès technologiques -- 500 dollars/tonne de CO2 soit +200 dollars par baril de pétrole.
Notamment, l'AIE réclame 7.000 milliards pour l'innovation, soit plus de 100 milliards par an de recherche et développement.
Si aucune mesure nouvelle n'était prise, la température mondiale pourrait monter de 6 degrés en 2100, avec des conséquences dramatiques pour tous les pays.
Actuellement les énergies renouvelables représentent 13% de l'énergie primaire (dont 90% est du bois de chauffage ou autre élément de biomasse pour cuisiner et se chauffer), les biocarburants ne représentent que 2% des carburants mondiaux, l'hydro-électricité 16% de la production électrique mondiale, et l'éolien, le solaire et la biomasse ensemble seulement 2% de la production électrique.
Pour l'AIE les avions, camions et bateaux peuvent sans grandes dépenses consommer 20% d'énergie en moins. Et l'agence compte sur le fait que l'une ou l'autre des deux options d'avenir pour l'automobile - les voitures électriques que l'on charge en branchant sur un réseau ou le recours aux piles à combustible - deviendra très largement majoritaire en 2050.
Il faudrait enfin que 30% des centrales thermiques soient équipés de systèmes de capture et stockage du CO2, une solution indispensable, selon l'AIE.
En millions de tonnes de CO2 dégagées dans l'atmosphère, alors que le monde émet environ 28 milliards de tonnes par an actuellement, le scénario d'inertie aboutit à 62 milliatds de tonnes en 2050, quand le scénario "Bleu" est de 14 milliards de tonnes.
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dimanche 8 juin 2008
Feuille de route de l'AIE : nucléaire, éoliennes, capture du CO2, économies d'énergie. Et 45.000 mds de dollars !
vendredi 6 juin 2008
L'éolien, star montante des énergies renouvelables en France
La production primaire d’énergies renouvelables a augmenté de 4,2% en 2007 pour atteindre 18 Mtep, selon le bilan énergétique du ministère de l’Ecologie, de l’environnement durable et de l’aménagement du territoire (Meedat). L’éolien et le solaire réalisent les plus fortes progressions. 
Leur part reste cependant modeste par rapport à la production totale d’énergie primaire (non transformée) qui s’élève à 136 Mtep, en retrait de 1,7% par rapport à 2006.
La production totale brute d’électricité s’élève à 569,8 TWh, en baisse de 0,8% par rapport à 2006. Elle comprend la production primaire (nucléaire, hydraulique, éolienne, photovoltaïque) et la production secondaire (thermique classique). Le nucléaire reste largement dominant (77%).
Toutes sources confondues, la production d’origine renouvelable augmente de 6,7% à 66,4 TWh. L’hydraulique (58,7 TWh hors stations de pompage) contribue pour la moitié à la hausse, l’autre moitié provenant essentiellement de l’éolien et des trois filières de biomasse (biogaz, bois-énergie et déchets urbains).
L’éolien continue sur sa lancée avec un bond de 85% pour atteindre 4,05 TWh, après +127% en 2006. Les capacités « mises en service industriel » augmentent de 56% pour atteindre 2 200 MW en fin d’année, en retrait sensible par rapport au doublement sur un an enregistré fin 2006. Quelques régions concentrent la plupart des nouvelles installations : la Lorraine (173 MW installés en 2007), la Bretagne (94 MW), les Pays de la Loire (86 MW) et le Centre (84 MW). Selon le panorama 2007 de la filière éolienne du Syndicat des énergies renouvelables, la croissance devrait se poursuivre dans les prochaines années, avec l’installation de près de 200 à 300 nouveaux parcs d’ici à 2010.
Le solaire photovoltaïque connaît aussi une progression spectaculaire de 70%, d'après les chiffres du ministère. Mais son niveau global reste marginal (0,02 TWh). La puissance raccordée au réseau fin 2007 est estimée à 11,4 MW, contre 3,3 MW un an plus tôt, et de nombreux raccordements sont en attente. Les installations sont particulièrement développées en Corse et outre-mer. Cet engouement fait suite à la mise en place d’un crédit d’impôt et à la parution, en juillet 2006, de tarifs d’achat avantageux.
Enfin, l’électricité produite à partir d’énergies renouvelables thermiques (bois, résidus de bois, déchets urbains solides…) croît de 8,5%, à 3,7 TWh.
La part de l’électricité d’origine renouvelable dans la consommation intérieure brute d’électricité gagne 0,8 point, à 13,0% en 2007.
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mercredi 4 juin 2008
25 patrons qui ont abandonné internet pour le "green"
La liste des stars des affaires qui quittent internet pour le "green" s'allonge. Poussées par l'espoir d'un boom financier autant que par leur conscience environnementale... Parmi les plus connues, recensées par le site américain Earth2tech.com :
1) Shai Agassi, 40 ans, l'héritier présumé du groupe allemand de logiciels SAP. Sur le point d'en devenir le DG, il a démissionné pour fonder, début 2008, Better Place, un ambitieux projet de création d'un réseau de bornes électriques pour voitures, qui va démarrer en Israël en partenariat avec Renault.
2) Elon Musk, cofondateur de PayPal, qu'il a revendu pour 1,5 milliard de dollars à eBay en 2002. Il est devenu président et principal investisseur de Tesla Motors, start-up de voitures électriques.
3) Bob Metcalfe, inventeur de l'Ethernet, fondateur du groupe d'équipements télécoms 3Com, est désormais associé du fonds Polaris Venture Partners et PDG de GreenFuel, qui produit des biocarburants à partir des algues et va construire sa première usine en Europe.
4) Vinod Khosla, cofondateur de Sun microsystems, un VC légendaire qui a lancé Khosla Ventures, et délaisse les "dot.com" pour investir dans les entreprises du secteur greentech.
5) John Doerr, autre investisseur vedette, associé chez Kleiner Perkins. Il avait investi dans Google et Amazon mais est désormais le gourou des greentech de ce fonds qui investit des milliards dans le "green" et a recruté Al Gore. C'est lui qui a décrété que le "vert" est l'opportunité du siècle, une phrase qui fait référence.
Et il y en a d'autres tout aussi prestigieux. Ici les 25 principaux recensés par Earth2tech.com
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Tout devra changer pour la supply chain d'ici à 2016
Les menaces s'accumulent pour la supply chain : hausse durable des coûts du transport et de l’énergie, congestion du trafic en ville, obligation de réduire les émissions de CO2. Il va lui falloir révolutionner son modèle, selon un rapport consacré à la supply chain en 2016 de Capgemini et de la Commerce Global Initiative, une plate-forme réunissant industriels et distributeurs.
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Du transport à l’entreposage, de nouvelles pratiques collaboratives seront nécessaires. A la clé : une baisse des coûts de transport de l’ordre de 30% par palette, de 20% par palette pour la manutention et de 25% par palette pour les émissions de CO2. Et cela tout en améliorant la disponibilité des produits en rayon.
Jusqu’à présent, les indicateurs de performance clés étaient basés sur la disponibilité en rayon, un bon rapport coût/efficacité, la traçabilité et la participation aux résultats financiers de l’entreprise. Ce n’est plus suffisant. Il faut intégrer la montée des préoccupations environnementales dans la société, les nouvelles contraintes réglementaires, la flambée des coûts de l’énergie, la nécessité de protéger des ressources rares (eau, matières premières…) et l’urbanisation galopante de la planète (plus de 50% de la population mondiale vivra dans des villes en 2010). Sans oublier l’impact des nouvelles technologies (commandes via les téléphones portables, RFID...)
Plus d'une entreprise sur deux a déjà pris des mesures pour intégrer la dimension environnementale dans sa supply chain, selon une autre étude. Mais le modèle proposé par Capgemini et la CGI va beaucoup plus loin et passe par une approche globale totalement nouvelle avec un mot d’ordre : développer les pratiques collaboratives entre les différents acteurs – industriels, distributeurs, logisticiens, mairies des villes...
Selon eux, à l’horizon 2016, la supply chain reposera sur :
- Un meilleur partage de l’information entre toutes les parties prenantes (consommateurs, industriels, distributeurs, logisticiens…)
- La création d’entrepôts communs entre industriels et distributeurs.
- L’installation de « hubs » près des grandes villes et de centres de consolidation dans les régions, avec du cross docking pour éviter le stockage.
- Une mise en commun des moyens de transport pour les livraisons jusqu’aux points de vente ou directement chez les consommateurs.
Ce modèle d’intégration et de collaboration entre des entreprises souvent rivales conduira à trouver de nouveaux avantages concurrentiels. Mais il peut permettre de réaliser des gains substantiels et répondre aux défis économiques et environnementaux qui vont impacter de plein fouet la supply chain dans les prochaines années.
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Avis d'expert : Chine + Green = le jackpot du siècle


Le milliardaire Warren Buffett (à gauche), oracle boursier aux Etats-Unis, a prédit que le 21e siècle serait celui de la Chine. Et le capital risqueur John Doerr, star des venture-capitalists américains, a qualifié le secteur des cleantech de "plus grande opportunité économique du siècle."
"Réunissez ces deux déclarations et vous avez la plus grosse opportunité du 21e siècle", explique Tim Hanson, analyste du site boursier américain Motley Fool (ci-dessous), qui liste quelques-unes des plus prometteuses entreprises occidentales et chinoises pouvant profiter de cette occasion historique. 
"Le miracle économique chinois a son prix. L'un des plus élevés a été payé par l'environnement. Les usines, centrales électriques chinoises, ainsi que sa demande en ressources naturelles ont prélevé un lourd tribut sur le pays, en polluant l'air, l'eau et la terre.
La Chine est le plus gros émetteur de dioxyde de carbone du monde. La pollution de l'air est un souci pour les athlètes qui préparent les JO et National Geographic a récemment montré des "villages du cancer" le long du Fleuve Jaune, maintenant pollué.
La bonne nouvelle est que le gouvernement chinois ne se voile plus la face sur ce problème. Le 11ème (et plus récent) plan quinquennal a fait de la "stratégie verte" une priorité nationale. Cela signifie des pénalités pour les entreprises qui nuisent à l'environnement, des efforts pour stabiliser et réduire les émissions, et un accent mis sur le développement durable plutôt que sur le développement le plus rapide et à tout prix.
Commencer à assainir la Chine et y parvenir sont deux choses très différentes. Mais certaines pénalités contre les entreprises qui violent les lois environnementales sont très lourdes. Par exemple, elles sont bannies de la Foire de Canton, l'un des plus importants canaux pour accéder aux marchés étrangers, et la Commission de régulation bancaire (China Banking Regulatory Commission) interdit les prêts aux entreprises mises sur liste noire.
Ainsi, une entreprise qui nuit à l'environnement se voit barrer la route du commerce international et du crédit -- ce qui signifie une rapide faillite pour n'importe quelle petite entreprise en croissance en Chine.
Rien d'étonnant : quand le gouvernement chinois place un programme dans son plan quinquennal, cela n'est pas une plaisanterie. Pour un investisseur, le choix le plus avisé pour investir en Chine est de se focaliser sur les tendances défendues par le gouvernement: les technologies "vertes", les énergies alternatives. Autrement dit, les cleantech.
L'agence chinoise de protection de l'environnement estime que les investissements dans ce secteur dépasseront 160 milliards de dollars pendant les 5 ans du plan (2006-2010). Avec son énorme surplus commercial, ses vastes projets immobiliers et l'accent mis sur les initiatives "vertes", la Chine peut devenir le plus gros marché mondial pour les cleantech.
Non seulement cela profitera à l'environnement mais, meilleure nouvelle encore pour les investisseurs, la Chine n'a pas d'entreprises publiques dans ce secteur. Donc, contrairement à la plupart des marchés chinois, qui sont dominés par des géants publics protégés comme PetroChina ou China Mobile, le gouvernement sera très accueillant pour les entreprises étrangères dans ce secteur en croissance rapide.
L'une des entreprises privées déjà dans la course pour le marché de l'environnement en Chine est General Electric. GE pousse son initiative "Ecomagination" dans le pays et GE China pèse maintenant plus de 5 milliards de dollars. Son PDG Steve Bertamini a récemment déclaré au magazine Fortune que "les Chinois seront leaders dans ces secteurs, parce qu'ils le doivent".
Mais même si la Chine et ses opportunités dans les cleantech représentent un gros débouché pour GE, cela ne lui suffira pas pour doubler son cours de Bourse, ni pour les autres groupes qui se lancent sur le secteur, comme BP .
En revanche, cela pourrait bien s'avérer possible pour des petites sociétés innovantes.
Deux petites sociétés chinoises émergent
L'un d'entre elles est Fuel Tech, qui fabrique des systèmes de réduction de la pollution destinés entre autres aux centrales à charbon. La Chine risque de faire face à un manque d'électricité de 10-gigawatts cette année et prévoit déjà de construire l'équivalent d'une centrale à charbon par semaine pendant les 10 prochaines années : c'est une opportunité énorme pour Fuel Tech, dont les produits commencent à y être adoptés. La société ne réalise pour l'instant que 85 millions de dollars de chiffre d'affaires et pèse 550 millions de capitalisation boursière.
L'énergie éolienne est également candidate à une adoption à grande échelle en Chine. Selon un récent article du Shanghai Daily, le gouvernement envisage des subventions pour les parcs d'éoliennes afin de faire passer les capacités de 5,6 Gigawatts à 100 GW d'ici 2020. L'expérience de GE dans ce secteur lui permettra sûrement d'y participer, mais la petite société chinoise A-Power Energy Generation Systems devient "un producteur à grande échelle d'éoliennes de haute qualité", selon son PDG Jinxiang Lu.
Déjà, les cours de ces deux entreprises intègrent un bonne partie d'optimisme, à juste titre. Fuel Tech pèse 75 fois son chiffre d'affaires et le cours d'A-Power a plus que triplé depuis l'an dernier. En d'autres termes, il faut plutôt les surveiller qu'acheter pour l'instant.
Et il y en a d'autres de ce type en Chine", conclut l'analyste. Des analystes de Motley Fool sont en mission dans le pays pour repérer les plus prometteuses sociétés locales, dont beaucoup dans le secteur des greentech.
Lire l'avis en anglais
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mardi 3 juin 2008
Après la crise alimentaire, la crise de l’eau ?
Le gaspillage de l'eau tout au long du circuit alimentaire - des champs à la cuisine des consommateurs - fait planer le risque d'une pénurie dans les prochaines décennies. L’agriculture mondiale utilise plus de 70% des ressources disponibles en eau douce, selon la FAO. Mais la moitié de l’eau nécessaire à la fabrication de produits alimentaires est en fait perdue ou jetée, d’après un rapport publié par le Stockholm International Water Institute.
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Principale cause : le gaspillage de nourriture. Aux Etats-Unis, 30% des produits alimentaires finissent à la poubelle. Ce qui revient à jeter 40 trillions de litres d’eau ! Un volume suffisant pour satisfaire les besoins ménagers de 500 millions de personnes…
La situation risque de devenir catastrophique, avertit le rapport. 1,2 milliard de personnes vivent déjà dans des zones où l’eau est insuffisante et en 2050, c’est la moitié de la population mondiale qui pourrait connaître des restrictions (en Chine, Inde…) en raison notamment du réchauffement climatique.
Dans le même temps, les besoins en eau pourraient doubler ! La hausse de la population mondiale et la croissance économique font grimper la demande en produits alimentaires utilisant beaucoup d’eau, comme la viande. Pour produire 1 kilo de blé, il faut en effet entre 500 et 4 000 litres d’eau, en fonction du climat, de la variété de plante, des pratiques agricoles... Mais pour 1 kilo de viande, entre 5 000 et 20 000 litres sont nécessaires, essentiellement pour nourrir le bétail. Parallèlement, l’utilisation de produits agricoles pour la bioénergie (biomasse) ou les biocarburants va accroître les besoins. Dans ce contexte, les prix alimentaires risquent de flamber encore davantage qu'aujourd'hui, provoquant de graves crises.
Dans les pays émergents, les pertes de nourriture sont surtout importantes en amont. En fonction des cultures, entre 15 et 35% sont perdus avant même la moisson. Et entre 10 et 15% lors de leur transformation, du transport et du stockage. A l’inverse, dans les pays industrialisés, c’est dans les derniers stades que le gaspillage est le plus fort : les consommateurs jettent une partie des denrées alimentaires qu’ils achètent, et avec, toutes les ressources nécessaires pour les produire et les transporter.
Si on évitait ce gaspillage, le volume d’eau économisé serait beaucoup plus important que celui réalisé grâce à des machines à laver moins gourmandes en eau. Le rapport fixe un objectif : réduire de moitié la part de nourriture jetée d’ici à 2025.
Comment faire ? Une mobilisation de tous les acteurs (agriculteurs, industriels, consommateurs…) est nécessaire. Plusieurs leviers d’action sont indiqués : une meilleure récupération de l’eau de pluie (aujourd’hui 30% seulement est récupérée et convertie pour les récoltes et la production de nourriture), une amélioration des conditions de stockage et de transport… Mais aussi des opérations pour éduquer les consommateurs, comme des campagnes de communication ou un système d’étiquetage avec une indication du volume d’eau nécessaire pour les produits alimentaires…
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lundi 2 juin 2008
La Terre se couvre d’éoliennes, les mers aussi
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L’énergie éolienne va se répandre à grande échelle dans les 10 ans, avec sept fois plus de turbines d’ici 2017, prédit l’institut allemand DEWI, en particulier en Chine, Etats-Unis et Espagne. Et un nombre croisssant d'éoliennes seront installées en mer, selon Emerging Energy Research.
DEWI prévoit pour 2012 des capacités installées de 288 Gigawatts (GW) dans le monde (dont 129 GW en Europe) et pour 2017 elles devraient bondir à 718 GW (dont 250 GW en Europe) -- sept fois plus que les 94 GW recensés fin 2007 (dont 57 GW en Europe). Ce sera presque le double du nucléaire !
Ces prévisions sont encore plus optimistes que celles récemment publiées par le Global Wind Energy Council (GWEC), qui pour 2012 prévoit lui 240 GW dont 104 GW en Europe.
Si ces prédictions se réalisent, l’énergie éolienne dépassera bientôt le nucléaire, puisque selon l'Agence internationale de l'énergie atomique (IAEA) les centrales nucléaires produisaient 370 GW en 2006 (15% de la production électrique mondiale) et leurs capacités ne monteront que lentement, à 447 GW en 2030.
En 2007, les installations globales d’éoliennes avaient déjà augmenté de 27% et 78% des nouvelles installations ont été réalisées aux Etats-Unis, Chine, Espagne, Inde et Allemagne. Mais dans les dix ans, selon DEWI, elles devraient surtout se multiplier dans trois pays : Chine, USA et Espagne. Et d’autres pays commencent à devenir des acteurs qui comptent, come la Grèce et la Corée du sud.
La France, qui est actuellement le 3e plus gros marché du secteur éolien, se retrouvera reléguée à la 6e place dans les dix ans, selon les entreprises interrogées par Dewi.
L’Allemagne a l’an dernier été détrônée par les Etats-Unis comme premier pays pour les nouvelles installations – la fédération allemande de l’éolien BWE a déclaré le mois dernier que ce ralentissement allemand s’expliquait par la baisse des subventions dans le pays.
Mais ayant démarré plus tôt, l’Allemagne reste le plus gros pays producteur d’éolien : ses producteurs et ses fournisseurs représentent plus d’un tiers du chiffre d’affaires éolien mondial.
En Allemagne seule, Dewi prévoit pour 2017 des capacités totales de près de 65 GW dont près de la moitié offshore, sur la mer du Nord et la Baltique.
L’Europe, pionnière, se fait donc rattraper : plus de la moitié des nouvelles turbines devraient s’installer hors d’Europe à partir de 2012, contre seulement 39% hors d’Europe l’an dernier
En Chine se sont déjà installées 3,4 GW, et la plupart des acteurs du secteur éolien espèrent participer à cet énorme marché en développement ultra-rapide en installant des parcs d’éoliennes sur le sol chinois. Le gouvernement chinois vise 5 GW dans les deux ans.
L'un des plus rapide développement devrait avoir lieu en mer : Emerging Energy Research prévoit notamment qu'en 2015 les parcs d’éoliennes offshore fourniront 40 GW. Le parc offshore devrait surtout s’étendre en Europe, qui accueillera 70% des capacités en mer d’ici 2020, selon EER.
De même, l'enquête de DEWI montre aussi que la plupart des entreprises du secteur voient l'éolien offshore comme un sujet d'actualité, même si beaucoup estiment que les turbines adéquates pour des grosses productions en mer ne verront le jour que dans plus de 4 ans.
A savoir : actuellement la production mondiale d’électricité éolienne compte pour environ 1,3% de la consommation électrique mondiale, et dans certains pays et régions, jusqu’à 40% et plus de la consommation. L’éolien emploie actuellement 350.000 personnes dans le monde.
A lire: le résumé de l'étude et ses graphiques.
Quelques chiffres de base sur la production électrique, selon le Worldwatch Institute
Les énergies renouvelables (hors hydro-électricité) ont produit 240 GW en 2007
- dont 94 GW provenant de l’éolien
- dont 7,7 GW pour les panneaux solaires photovoltaïques raccordés au réseau électrique
- les panneaux solaires directement utilisés sur les bâtiments ont représenté 105 GW-thermique
Quelque 71 milliards de dollars ont été investis dans les énergies renouvelables en 2007 dans le monde (hors hydro-électricité) dont 47% pour l’éolien et 30% pour le solaire
L'institut Dewi organise la Wind Energy Fair de Husum, en Allemagne, l'un des principaux salons de l'éolien au monde.
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