Investir dans un parc éolien offshore en Europe est d’ores et déjà rentable dans la plupart des pays, surtout en Grande-Bretagne, Espagne et France, et deviendra très rentable en Grande-Bretagne à partir de 2009, calcule le cabinet KPMG, au vu des tarifs payés aux entreprises qui fournissent de l’électricité aux différents réseaux nationaux de distribution.
Un constat encourageant, alors que les Européens rivalisent de projets d’éoliennes en mer. Investir dans l’éolien ? Rentable ! calcule KPMG
Au moment de la réalisation de l’étude (courant 2007) l’Europe comptait environ 1 GW de capacités d’éolien offshore, essentiellement au Danemark (436 MW) et Grande-Bretagne (404 MW).
Mais les tarifs payés aux fournisseurs d’électricité qui alimentent le réseau (y compris les parcs éoliens) varient en Europe du simple au double : 6,19 centimes par kWh en Suède, 6,95 centimes au Danemark, 9,1 centimes en Allemagne, 13 centimes en France, 12,03 à 16,4 centimes en Espagne et 13,49 centimes en Grande-Bretagne.
Des disparités qui expliquent que la Grande-Bretagne soit le plus dynamique marché de l’éolien offshore d’Europe, et qui le restera d’autant que le pays prépare une nette hausse des tarifs à partir de 2009, à 17,03 centimes par kWh, selon KPMG. La Frnce est aussi le 2e pays le plus attractif pour ce secteur.
Quand à l’Allemagne, pourtant pionnière mondial de l’éolien, elle n’offre plus de condition compétitive aux parcs offshore, même avec les subventions aux infrastructures prévues par les programmes d’aides aux énergies renouvelables.
La rentabilité des investissements dans l’éolien offshore varie ainsi en Europe (cf. graphique ci-dessus) de -5% en Suède à +19,5% en Grande-Bretagne). La France, avec une rentabilité de 11,8% est plutôt attrayante, ainsi que l’Espagne avec 11,4%. L’Allemagne en revanche n’offre aux éoliennes offshore qu’une rentabilité de 1,2% en moyenne, mais si elle applique les hausses de tarifs prévues (aux environ de 14 centimes par kwh dans le meilleur scénario), sa rentabilité passera à 8,8%
Le taux de rentabilité d’un investissement permet à un investisseur de choisir le secteur où miser, au regard du coût de son capital et de la rentabilité d’autres investissements concurrents.
KPMG récapitule aussi les parcs éoliens offshore installés et en projet -- mais l’étude a été réalisée avant les récentes annonces de la Norvège et de la Grande-Bretagne – ainsi que les différentes subventions et modèles tarifaires existants en Europe.
L’étude, qui repose sur les réponses d’une soixantaine d’entreprises européennes, souligne aussi que ces projets dépassent – de très loin -- les capacités des fabricants et installateurs européens d’éoliennes en mer.
L’étude intégrale (80 pages, en anglais) est téléchargeable ici.
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lundi 7 juillet 2008
Investir dans l’éolien offshore ? Rentable, calcule KPMG
Avis d'expert : le développement durable peut freiner la consommation !
C’est un cauchemar pour les industriels et les distributeurs : et si les consommateurs réduisaient leurs achats au nom du développement durable ? "
Toutes les études montrent qu’ils sont de plus en plus sensibles à l’environnement et adoptent des comportements vertueux. Cette sensibilité à l’écologie peut les inciter à renoncer au superflu, provoquer une décroissance", avertit Babette Leforestier, directrice des études documentaires de l'institut TNS-Sofres. Entretien.
GreenUnivers : les consommateurs sont-ils prêts à privilégier les produits respectueux de l’environnement ?
Oui, à condition que cela ne leur coûte pas plus cher ! La sensibilité à l’écologie est de plus en plus forte. Il existe plusieurs types de comportements dans ce domaine : les militants, les suiveurs, les indifférents, les réfractaires… Toutes les études montrent que la proportion des indifférents diminue. On le voit dans l’électroménager : les produits qui consomment le moins d’énergie sont largement privilégiés, à prix équivalent, car si on touche au porte-monnaie, l’attitude change. Beaucoup de gens se disent même écologistes alors qu’ils veulent juste faire des économies. Ils vont prendre leur vélo à la place de la voiture parce que l’essence coûte cher et pas pour limiter les émissions de CO2.
GreenUnivers : est-ce que la consommation ne va pas en souffrir ?
Le risque est réel. De la même manière qu’ils ferment le robinet rapidement ou privilégient les douches sur les bains pour économiser l’eau, les consommateurs pourraient réduire leurs acquisitions. A quoi bon acheter un nouveau jean quand on en possède déjà un ? Aujourd’hui, on assiste à une restriction de consommation liée à la perte de pouvoir d’achat. Demain, elle pourrait venir de la volonté de préserver les ressources, de protéger la planète.
GreenUnivers : les entreprises encouragent les comportements vertueux en communiquant de plus en plus sur l’environnement. En font-elles trop ?
Elles n’ont pas le choix, compte-tenu des attentes très fortes. Les consommateurs veulent des produits « verts » et aussi des informations sur ce qui est bon pour l’environnement : ils sont un peu perdus, ont besoin de repères. En même temps, ils expriment une vraie méfiance : une majorité de gens estiment que lorsqu’une entreprise parle de développement durable, c’est avant tout une stratégie de communication. Ils ont peur du «greenwashing». Il n’est pas facile de faire la distinction entre les entreprises réellement engagées et celles qui communiquent sans agir.
GreenUnivers : les entreprises risquent-elles un retour de bâton ?
Elles vont devoir mettre en cohérence leurs messages et leurs actes, en étant attentives à tous les aspects, notamment leurs approvisionnements. Et gare aux manquements ! Unilever s’est fait épingler par Greenpeace parce que ses fournisseurs d’huile de palme pour son shampooing Dove détruisaient les forêts d’Indonésie. Le groupe a dû réagir très vite et s’est engagé à utiliser de l’huile de palme durable dès cette année. Autre exemple, l’emballage. Danone va passer aux bouteilles en PET recyclé pour ses marques Evian et Volvic. C’est dans la ligne de sa communication. Les secteurs de l’énergie, des transports, de la grande consommation sont très surveillés et les entreprises doivent s’engager en profondeur, sous peine de retour de bâton. D’autres, comme les banques et assurances, sont moins en première ligne pour l’instant mais leur tour viendra.
(Propos recueillis par PL, photo : DR)
Sur le même sujet, lire aussi :
- Quand l'économie souffre, l'environnement trinque
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- Les Françaises prêtes à sacrifier les plats préparés pour l'environnement, mais pas leur lave-linge
- Comment développer la consommation durable ? Il faut communiquer et serrer les prix
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vendredi 4 juillet 2008
Les pays du G8 en retard dans la lutte contre le réchauffement climatique
Aucun des pays du G8 n’a respecté ses engagements en matière de lutte contre le réchauffement climatique. Les mesures qu’ils ont prises ne suffiront pas à limiter la hausse des températures mondiales à moins de 2 degrés, selon un rapport du cabinet Ecofys pour le WWF et l’assureur Allianz.
(cliquer pour agrandir)
Etats-Unis, Canada et Russie sont les trois plus mauvais élèves, alors que le Royaume-Uni, la France et l'Allemagne affichent les meilleures performances.
La France affiche des émissions de CO2 (par habitant et par rapport à son PIB) relativement basses pour un pays industrialisé, en grande partie grâce à l’importance de son parc nucléaire. Et elles sont relativement stables depuis 1990. Mais elle pourrait se montrer plus ambitieuse dans le bâtiment, les transports et le secteur électrique, selon le rapport. La moitié de son industrie est concernée par le système européen des permis à polluer.
Les émissions de CO2 du Royaume-Uni sont inférieures à l’objectif du protocole de Kyoto, mais elles pourraient remonter dans les prochaines années, en raison du recours au charbon.
L’Allemagne est saluée pour sa promotion des énergies renouvelables. Mais elle utilise encore beaucoup de charbon et ne fait pas suffisamment pression sur son industrie automobile pour réduire les émissions de CO2.
Les pays du G8 se réunissent du 7 au 9 juillet au Japon. La lutte contre le réchauffement climatique sera l’un des sujets prioritaires. Lors du dernier sommet du G8 en Allemagne en 2007, les dirigeants des huit grandes puissances s'étaient mis d'accord sur une déclaration peu contraignante promettant simplement "d'examiner attentivement" l'idée d'une réduction de 50% des émissions polluantes d'ici à 2050. Au Japon, la Commission européenne milite pour un engagement fort.
Accéder au rapport ici
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Grande-Bretagne, Norvège, Irlande : surenchère d'éolien offshore en Europe
La Norvège et la Grande-Bretagne ont toutes deux affiché ces dernières semaines de grandes ambitions dans l'éolien, notamment en mer, profitant de leurs côtes venteuses.
La Grande-Bretagne vient d'annoncer un très ambitieux programme de production de 30 à 40 GW d'énergies renouvelables, essentiellement éolienne, qui doit lui coûter 100 milliards de livres sterling (200 milliards de dollars) et créer 160.000 emplois.
Ce projet, présenté dans un discours du Premier ministre Gordon Brown le 26 juin, propose que, pour parvenir à l'objectif de 15% d'énergies renouvelables en 2020, la Grande-Bretagne multiplie par 10 la production de ces énergies, pour qu'elles fournissent 30% de son électricité, 14% de son chauffage et 10% de ses carburants. Cela réduirait ses émissions de CO2 de 20 millions de tonnes par an et ses importations de gaz de 16%.
D'ici 2 ans pourrait déjà être raccordé 1 GW d'énergie éolienne et d'ici 2020, selon M. Brown, la Grande-Bretagne devra installer des capacités de 14 GW d'éolien offshore, grâce à 3.000 nouvelles éoliennes en mer, et en outre implanter 4.000 nouvelles éoliennes à terre. Pour l'instant, le pays a installé des capacités éoliennes de 2,4 GW.
Ces prévisions sont cependant en retrait par rapport à l'objectif annoncé par le gouvernement en décembre 2007 qui visait l'installation de 33 GW d'éolien off-shore pour 2020.
Dès 2008, selon M. Brown, la Grande-Bretagne va devenir le premier pays pour l'énergie éolienne offshore, avec 400 MW installés, passant devant le Danemark.
Autre nouveau concurrent, sa voisine, l'Irlande prévoit dans quelques années d'installer 2 GW d'éolien off-shore qui fourniront 40% de son électricité.
De son côté la Norvège, qui a en janvier annoncé son intention de devenir le premier pays complètement neutre en carbone d'ici 2030, mais qui jusqu'ici avait négligé le vent, a dévoilé un programme à grande échelle.

Le Conseil de l'Energie (organisme qui réunit chercheurs, industriels et gouvernement), dans un rapport paru en mai (version en norvégien), recommande d'installer en mer 5 à 8 GW (soit par exemple 1.500 éoliennes de 5 MW)
L'investissement nécessaire, sur une base de 4 à 4,8 millions de dollars environ par MW installé en mer, représenterait 20 à 44 milliards de dollars. Au total, en y ajoutant plusieurs milliers d'éoliennes à terre, la Norvège pourrait produire 40 TWh d'énergie éolienne par an.
Cette ambition est bien supérieure à l'objectif du pays jusqu'ici, qui était d'atteindre 3 TWh en 2010 avec 1 GW de capacités installées.
La Norvège ne disposait fin 2007 que de 333 MW.
Avec 40 TWh d'électricité éolienne, la Norvège économiserait 20 millions de tonnes d'émissions de CO2 par an, soit plus du tiers de ses émissions 2007, qui étaient de 55 millions de tonnes.
Et quand le vent fait défaut, selon le gouvernement, les éoliennes peuvent être relayées par des centrales hydro-électriques, autre richesse de la Norvège qui en tire déjà la plupart de son électricité.
La Norvège pourrait ainsi doubler sa production d'électricité produite à partir d'énergies renouvelables (hydro-électrique compris), à 240 TWh. Une manne d'autant plus intéressante que le pays vient de réviser en baisse de 100.000 barils par jour ses prévisions de production pour 2008, à 2,4 millions de bpj.

C'est aussi en Norvège que la société pétrolière nationale StatoilHydro planche sur de nouvelles éoliennes flottantes sur lesquelles elle a investi 80 millions de dollars. (photo ci-contre).
Au total, selon l'European Wind Energy Association (EWEA), l'Europe pourrait avoir installé en 2030 des capacités éoliennes de 300 GW , moitié à terre, moitié en mer. Et dans le monde, l'institut allemand DEWI prévoit pour 2012 des capacités installées de 288 Gigawatts (GW) dans le monde dont 129 GW en Europe.
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jeudi 3 juillet 2008
Les investissements dans les greentech vont tripler en 5 ans
Les énergies renouvelables et les technologies d’efficacité énergétique ne connaissent pas la crise financière : elles ont attiré 148 milliards de dollars de nouveaux investissements dans le monde en 2007, selon le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE). Soit un bond de 60% en un an.
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La croissance devrait continuer en 2008 : après un début d'année difficile, lié notamment à la restructuration du secteur de l'éthanol aux Etats-Unis, les investissements ont rebondi au deuxième trimestre. Et ce n'est pas fini ! Ils pourraient atteindre 450 milliards de dollars par an d'ici à 2012, un triplement par rapport à 2007, et plus de 600 milliards de dollars par an à partir de 2020, selon le rapport.
La flambée du pétrole, le soutien croissant des gouvernements dans le monde et les problèmes de sécurité énergétique attirent les fonds. L’énergie éolienne a capté les sommes les plus importantes l’année dernière, avec 50,2 milliards de dollars. Elle a dépassé les 100GW en mars 2008, au niveau mondial. Mais c’est le solaire qui progresse le plus vite : il enregistre un taux annuel moyen d’augmentation de 254% depuis 2004 pour atteindre 28,6 milliards de dollars de nouveaux capitaux l’année dernière. C'est lui qui a attiré le plus de capital-risque et capital-investissement (3,7 milliards de dollars).
Le volume total des capitaux dans les énergies durables a grimpé à 204,9 milliards de dollars, dont 98,2 milliards de dollars dans la nouvelle génération d'énergies renouvelables (l'éolien aux États-Unis, en Chine et en Espagne, notamment), 50,1 milliards de dollars sont allés dans le développement de la technologie et la fabrication à grande échelle, et 56,6 milliards de dollars ont été transférés a travers les fusions et les acquisitions.
Avec 31 gigawatts de nouvelle génération installée, les énergies renouvelables ont représenté 23% de la nouvelle capacité énergétique ajoutée au niveau mondial en 2007, environ 10 fois celle du nucléaire.
L'investissement dans les technologies d'efficacité énergétique a atteint un record de 1,8 milliard de dollars (+ 78% en un an). Le bâtiment, qui représente 40% des émissions de CO2, offre le plus grand potentiel pour les économies d'énergie.
Les nouveaux investissements sont surtout concentrés en Europe, suivie par les Etats-Unis. Mais le Chine, l’Inde et le Brésil attirent de plus en plus : 26 milliards de dollars en 2007, soit une hausse de 22%.
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mercredi 2 juillet 2008
Développement durable : 630 entreprises éjectées par l'ONU
L’ONU tape du poing sur la table : 630 entreprises ont été exclues de son programme Global Compact (Pacte mondial, en français) depuis janvier. Motif : une absence totale de communication sur une action de progrès dans le domaine de l’environnement ou du social depuis trois ans. 
Parmi les sociétés sanctionnées, 71 sont françaises. On trouve sur la liste Manpower France, Fiat France, Altedia Cogef, Schindler…
Le Global Compact a été lancé en juillet 2000 par Kofi Annan, alors secrétaire général de l’ONU. Les adhérents s’engagent à respecter dix principes touchant l’environnement, les droits de l’homme, les normes du travail et la lutte contre la corruption. Chaque année, ils doivent rédiger un exemple de bonne pratique et le mettre en ligne sur le site du Global Compact pour rendre compte de leurs progrès et partager leurs expériences.
4619 entreprises de près de 120 pays adhèrent au programme, qui rassemble aussi 1300 non entreprises (associations…). En France, le Global Compact compte 490 membres (dont 44 non entreprises). 52% des sociétés adhérentes ont moins de 500 salariés. La moitié des bonnes pratiques sur lesquels elles s’engagent concernent l’environnement.
Les critiques sur le manque d’engagements concrets de nombreuses entreprises à pousser le Global Compact à mettre en place une « politique d’intégrité » afin de sanctionner les adhérents qui utilisent l’image de l’organisation mais ne respectent pas sa charte.
Si une entreprise ne communique pas sur une action de progrès une année, elle est considérée comme « non communicante ». Si cela se reproduit l’année suivante, elle est classée comme « inactive ». Ce n’est qu’au bout de trois ans de silence qu’elle est radiée de la liste. Outre les 630 sociétés exclues depuis janvier, 317 sont aujourd’hui dans la catégorie des «inactives», dont 184 pourraient être radiées d’ici à la fin de l’année.
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mardi 1 juillet 2008
Interview de Martin Eberhard (Tesla Motors), "père" de la voiture de sport électrique

Fabriquer une voiture de sport électrique, c'est l'idée folle qu'a pourtant concrétisée Martin Eberhard, le fondateur du désormais célèbre groupe Tesla Motors. Née en 2003, l'aventure de sa voiture de luxe écolo, le roadster, dont déjà trois exemplaires roulent sur les routes américaines, et bientôt mille, a secoué toute l'industrie automobile. Quel est son business model ? Interview exclusive, réalisée par Green Univers à la Conférence Franco-Américaine des Entrepreneurs, les 27 et 28 juin à Paris, où il a présenté son étonnante épopée.
Green Univers : Combien de modèles pensez-vous vendre ? Tesla sera-t-elle rentable ?
M. Eberhard : Le tout premier modèle est vendu 100.000 dollars. Nous avions prévu au départ d'en vendre 2.000 par an. Nous avons déjà plus de 1.000 commandes. Mais le modèle suivant devrait être commercialisé "seulement" 60.000 dollars, et ainsi être davantage vendu. Pour l'instant, 3 exemplaires roulent sur les routes. Et la mienne a eu un accident... La voiture a une autonomie d'environ 350 km. Ce sera probablement rentable, et Tesla prévoit à terme une introduction en Bourse.
Green Univers : Comment un particulier peut-il avoir eu l'audace de créer un constructeur automobile ?
M. Eberhard : Je suis ingénieur électrique de formation, et j'aimais juste bricoler dans mon garage. En 2003, nous savions tous une chose : la voiture électrique était morte. Son image était exécrable, personne n'en voulait. J'ai eu l'idée de redorer son image en choisissant un modèle qui séduirait : une voiture de sport. Depuis, nous avons réussi au total à lever 100 millions de dollars, et nous nous sommes alliés au constructeur Lotus (groupe britannique racheté par le constructeur national malaisien Proton) qui va la fabriquer en série. Mais nous avons eu des surprises : par exemple les crash-tests ont coûté bien plus cher que ce que j'avais inscrit au départ dans mon business plan. Chaque test nous coûtait 300.000 dollars...
Green Univers : Avez-vous été imités ?
M. Eberhard : Enormément ! Nous avons révolutionné le secteur. Si vous allez sur internet, vous trouverez des dizaines de petits sociétés qui disent construire elles aussi une voiture électrique. Mais la plupart sont complètement bidon, sauf deux, l'une aux Etats-Unis et l'autre en Norvège. Nous sommes portés par deux idées qui montent : celle de lutter contre le réchauffement climatique et celle de réduire notre dépendance vis-à-vis du pétrole acheté à l'étranger. (Un leimotiv aux Etats-Unis, ndlr). Et surtout les grands constructeurs s'y sont tous mis : maintenant la plupart annoncent l'un après l'autre la sortie de modèles électriques ! Mais c'est grâce à l'émergence du green business qu'un nouveau venu a pu se lancer dans l'automobile...
Green Univers: vous n'êtes plus chez Tesla : quels sont vos projets ?
M. Eberhard: Mon principal actionnaire m'a évincé en 2007. Mais j'ai d'autres projets, à nouveau dans les "greentech". J'en étudie trois actuellement. Vous en saurez plus bientôt.
(Propos recueillis par LB)
Dans l'actualité : Tesla a annoncé le 1er juillet qu'il produirait sa berline (son prochain modèle) en Californie, avec la bénédiction du gouverneur Arnold Schwarzenegger.
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