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mardi 10 juin 2008

Course à l'éthanol cellulosique aux Etats-Unis

Une quinzaine d'entreprises en Amérique du Nord se sont lancées dans la course à l'éthanol cellulosique, qui est tiré de toutes sortes de déchets végétaux: paille de blé, tiges de maïs, copeaux de bois ou encore switchgrass, une haute graminée nord-américaine, riche en cellulose.



Un biocarburant bien plus prometteur que celui tiré du maïs, qui concurrence la production alimentaire et dont les bénéfices pour l'environnement sont de plus en plus controversés. Et qui doit aider à répondre à l'objectif du gouvernement américain de produire 1,3 milliard d'hl de biotéhanol par an (35 milliards de gallons) d'ici 2017, ce que la totalité de la surface américaine de maïs ne suffirait pas à produire.

Ces entreprises lancent toutes des sites pilotes, et prévoient des usines à l'échelle commerciale dans quelques années, mais qui coûtent cher, et elles doivent encore trouver la recette pour que l'éthanol cellulosique soit rentable -- ce qui pourrait être rendu plus facile par la hausse du pétrole et du maïs.

Verenium teste une usine pilote de 53.000 hectolitres par an. Deux groupes japonais ont utilisé la technologie de Verenium pour construire à Osaka, au Japon une usine pilote de 13.000 hectolitres. Verenium veut construire pour mi-2009 une usine d'une capacité de 1,14 million d'hl par an.

Coskata prépare pour 2009 une usine pilote de 1.440 hl par an et une usine d'une capacité de 3,8 millions d'hl par an pour 2011. Soutenue à hauteur de 30 millions de dollars par General Motors et des fonds prestigieux (Khosla Ventures, GreatPoint Ventures et Advanced Technology Ventures), Coskata transforme la biomasse en mélange de gaz (appelé syngas) puis, grâce à des enzymes, en éthanol.

Range Fuel, dirigé par un ancien cadre d'Apple, Mitch Mandich, a testé sa technologie pendant 7 ans et construit maintenant une usine à grande échelle, d'une capacité de 760.000 hl par an pour 2009, et qui devrait monter à 4,5 millions d'hl par an à terme. Elle utilise un processus catalytique qui lui permet de se passer d'enzymes. La startup a reçu plus de 130 millions de dollars des fonds Passport Capital, BlueMountain, Khosla Ventures, Leaf Clean Energy Company et Pacific Capital Group, avec la participation de Calpers, le fonds de pensions des fonctionnaires de de Californie (California Public Employee Retirement System).

Poet, un producteur de bioéthanol de maïs, lance parallèlement une usine d'éthanol cellulosique d'une capacité de 900.000 hl/an pour 2011, qui recevra une subvention du gouvernement américain de 80 millions de dollars. Cette usine, placée à côté d'une usine de production d'éthanol de maïs, transformera les déchets de maïs en éthanol.

DuPont-Danisco: joint venture entre le géant chimique américain DuPont de Nemours et le groupe alimentaire danois Danisco (et sa filiale de biotechnologie Genencor), ce groupe veut démarrer une usine pilote en 2009 et une autre à l'échelle commerciale pour 2012. La joint venture veut investir 70 millions sur les 3 prochaines années. Elle compte d'abord produire de l'éthanol tiré des déchets du mais et de la bagasse de canne à sucre.

Mascoma, allié à l'Université du Tennessee, veut construire une usine pilote d'éthanol tiré de switchgrass pour 2009, et un site commercial d'éthanol tiré de déchets de bois à terme. Mascoma a levé 90 millions auprès de grands partenaires: General Motors, Khosla Ventures, Flagship Ventures, General Catalyst Partners, Kleiner Perkins Caufield & Byers, Vantage Point Venture Partners, Atlas Venture et Pinnacle Ventures

ZeaChem collabore avec le gestionnaire de forêt GreenWood Resources pour contruire un site pilote de 55.000 hl par an en Oregon (nord des Etats-Unis). Elle a reçu 4 millions de dollars de Mohr Davidow Ventures et de Firelake Capital

Sunethanol prépare un usine pilote de 90.000 hl par an et un site à l'échelle commerciale, et bénéficie de l'appui d'investisseurs comme VeraSun, Battery Ventures, Camros Capital et LongRiver Ventures, ainsi que d'un prix de 100.000 dollars du gouvernement US

Blue Fire, qui utilise une technologie testée depuis 2002 au Japon, prépare une usine pilote et un site de production commerciale d'éthanol tiré des déchets, d'une capacité de 650.000 hl par an, avec une subvention du gouvernement américain.


Abengoa, détenue par le groupe espagnol Abengoa (l'un ds premiers producteurs mondiaux d'éthanol cellulosique, qui construit la première usine commerciale d'Europe, en Espagne, à Salamanque), a ouvert une usine pilote en octobre 2007 aux Etats-Unis et veut consacrer 300 millions de dollars pour y construire un site de production commerciale, d'une capacité de 1,9 million d'hl par an. Elle a reçu 76 millions du gouvernement américain pour créer un site de 440.000 hl par an .

Iogen, groupe canadien qui compte sur une subvention du gouvernement canadien, veut construire un site au Canada produisant 740.000 hl par an.



SunOpta, l'un des pionniers du secteurs, veut construire pour 2009 une usine à l'échelon commercial, soutenue par le ministère américain.

Un site américain qui suit bien le secteur aux USA: investincellulosicethanol.com